CHAPITRE PREMIER
pendant un demi siècle, à de nombreux jeunes gens, les leçons du maître. Les frères Pierre et François Layes, Joseph et Jeaji Marcon^ Jean-Pierre et Jean-Claude Portai (1), fils de Claude Portai dit Bains^ architecte, les frères Robert et Pierre Michel (2), endn Gabriel Samuel, par un apprentissage sérieux chez Bonflls, acquièrent une exécution brillante, qui donne aux œuvres nombreuses de cette petite école régionale une réelle valeur artistique.
Gabriel Samuel, le maître de Pierre Julien, est né au petit village d'Huelle, paroisse de Sainte-Sigolène (3). Il travaille
(1) Jean-Claude Portai cadet, le plus connu des Portai, est né au Puy le 5 mars 1726, 11 était à la fois architecte, sculpteur, expert, organisateur des fêtes. Marié une première fois, le 17 juillet 1753, à Marie-Gabrielle Beraud, il épouse en secondes noces, Marie Jallct, le 26 juin 1763. De 1763 à 1766, il est occupé à la construction de THôtel de ville. Du mois de janvier au mois de mai 1779, il exécute les plans, devis et modèles pour la restauration de la cathédrale. Les travaux commencés le 20 mai 1779, sont terminés le 20 août 1782. Pendant ce temps il fournit à un serrurier de Monistrol, des dessins grandeur nature pour les grilles du chœur de la cathédrale. Du 13 septembre 1784 au 15 mai 1785, il exécute une belle œuvre de sculpture, la chaire de Notre-Dame du Puy. Décédé le 22 pluviôse, an VIII. — Pour ses difficultés avec le chapitre de la cathédrale au sujet du payement des réparations, voir un intéressant Mémoire pour le sieur Jean-Claude Portai cadet, contre messire Bertrand, au Puy, de l'imprimerie de Gaspard Benoît Clet, petit in 40, 49 pp.
(2) Robert Michel, né au Puy le 8 novembre 1721, fait son apprentissage chez Bonflls. En 1738 est encore compagnon sculpteur au Puy. Travaille à Lyon, Montpellier, Toulouse. En 1740 est à Madrid. Exécute de nombreux travaux pour les palais roj'aux et les églises de la capitale. A la création de l'Académie Saint- Ferdinand en 1752, est nommé sous-directeur et premier sculpteur de la Chambre du roi. En 1785, directeur général de l'Académie. — Meurt le 31 janvier 1786. — La plupart de ses œuvres existent encore en Espagne, et témoignent autant de son réel talent que de sa grande habileté. Sur Robert Michel, voir : Variétés historiques et biographiques de V Auvergne et du Velay^ par Paul Le Blanc. Le Puy, Marchessou flls, 1885, in-8», 108 p.
Son frère Pierre (don Pedro) Michel, né au Puy 27 octobre 1728. Débute au Puy. Est attiré à Madrid par Robert. Obtient en 1753 la première médaille donnée par la Junta. Reçu académicien en 1758. Nommé sous-directeur de l'Académie en 1785. Remplace son frère comme premier sculpteur de la Chambre du roi Charles IV. En 1804, directeur de l'Académie. Décédé le 15 novembre 1809. — Voir : Galeria biographica de artistas espanoles del sigle XIX, par Manuel Ossorio y Bernard. Madrid 1868.
(3) Voici son acte de baptême, d'après les registres déposés à la mairie de Sainte- Sigolèoe : « Le 8« apvril [raturé] 12« may 1689 a esté baptisé Gabriel [«ici Az naturel et légitime de autre Samuel et Catherine Masson du lieu dhuelle parre de Sainte-Sigolene estan né le 10» desd. moy et an, a esté son parrain Gabriel Masson du lieu de Cornassac susd. parre, et marraine Clauda Fayolle dud. lieu dhucUes en pnce de
d'abord chez son père, maître menuisier. A vingt-deux ans il vient au Puy à Tatelier Bonfils. Son apprentissage commence le 3 juillet 1711 et doit durer trois ans et demi (1). Émancipé le 31 janvier 1719, il épouse le 6 juin 1713 Marguerite Assezat, et vient s'installer comme maitre sculpteur dans la rue de la Sabaterie conduisant à l'église du Collège. Avant 1730 devenu propriétaire d'une maison à l'extrémité de la rue de la Chaussade près de la rue du Portail d'Avignon, il y établit définitivement son atelier (2). Se remarie le 29 juillet 1739 à Marie-Françoise Laporle.
Une œuvre de Samuel, datée de 1735, se trouve à l'église paroissiale de Craponne, c'est la chaire à prêcher (3). Les basreliefs gui la décoraient, les Quatre Evangélistes et saint Caprais, ont été mutilés à l'époque révolutionnaire (4). De 1746 à 1748, il exécute un tabernacle pour l'église paroissiale de Polignac (5) : aujourd'hui cette œuvre est disparue. A l'atelier Samuel se trouvaient Anastase Bonguiot, Joseph Gros, né vers 1714 en Italie à Carpiniano, diocèse de Novare. Samuel est décédé le 24 novembre 1758 (6).
M" Claude Fogiere prebtre vicaire dud. Sainte- Segolene soubsigné et Vital Verdier illitere avec les parties enquis et requis hors le parrain qui a signé
« Masson, Baillard, curé. »
(1) Voir le contrat apprentissage de Samuel aux Pièces justificatives.
(2) Actuellement n^ 82 de la rue Chaussade, propriété de M»» veuve Bastide.
(3) Voir le prix fait de la chaire aux Pièces justificatives.
(4) Les boiseries du chœur, œuvre de Vaneau, ont subi le même sort, ainsi que les décorations de la chapelle Sainte-Reine.
(5) Prix fait passé en 1746 par Samuel et le père Poussonnet, syndic du collège du Puy. Le tabernacle fut terminé et payé en 1748. — Voir Archives départementales. Fonds du Collège.
(6) Le 24» dud. [novembre 1758] mourut Gabriel Samuel âgé d'environ 76 ans fut enterré le lendemain dans Téglisede S. Pierre Monestier presens fabre et renard [prêtres]. Légal vie (Archives comm. du Puy E 95, f. 21).
Dix ans après la mort de Samuel, sa veuve Françoise Laporte^ et Jeanne-Françoise Samuel épouse de Joseph Dcbar vendirent le 26 janvier 1768, à demoiselle Marianne Badiou la maison de la rue de la Chaussade, au prix de 1,800 livres. Augustin Porral de Saint- Vidal créancier réclamait 150 livres, Brun, collecteur des tailles, 60 livres, et Dleudonnat, horloger^ demandait la légitime de son épouse Marguerite Samuel décédée.
Joseph Debar était parent de Claude Debar, ingénieur, dont le fils Joseph était inspecteur des ponts et chaussées.