CHAPITRE SEPTIÈME
je fairai le reste, je ne dis rien de ce projet à ma sœur crainte de jalousie à ceux qui sont auprès d'elle.
Tout embrouillé que puisse être ma rédaction, mon écriture et ortographe, j'espère que par votre intelligence, Tabitude aux affaire et Tusage du monde, vous vous pénétrerez de mes sentiments pour vous et votre respectable épouse a qui je vous prie de présenter mes respects et mon amitié a vos aimables enfants, a en juger par ceux que j'ai eu le plaisir de voir; vous obligerez celui qui est pénétré de l'estime et de la considération qui vous son dus a tous égard.
Votre très humble serviteur et ami.
Julien, membre de Vinstitut national.
De Chalifert embrie, ce 17 floréal an X.
M. Dejoux est sensible a votre souvenir, il vous en dit autant. Ne soupçonnez pas l'ouverture de ma lettre c'est moi-même qui l'ai décachetée pour un article que j'avais oublié.
M. Armand écrit à Julien pour lui annoncer la mort de son neveu Benoit, décès qui lui est déjà connu par la lettre de sa sœur Anne. Notre sculpteur se plaint de la cupidité de ses parents; il reprend sa lettre jusqu'à trois fois : ce qui prouve en lui un état de surexcitation, qui contribuera pour une bonne part, sans doule, à lui faire prendre à la fin de sa vie une détermination grave, commandée d'ailleurs à sa conscience d'honnête homme.
de Paris ce 26 messidor an X.
Monsieur et digue ami,
Comment puis je hasarder a vous écrire moi-même ne faisant que grifonner et ne mettant pas autrement bien Tortographe si vous craignez avoir manqué, d'après ce que vous me dites que si le départ du courier ne vous eut pressé, vous auriez fait transcrire votre lettpQ, qui toutes sont autant d'epitre pour moi, que vos enfants sont heureux de recevoir l'éducation que vous leur donnez et que d'après ce que je vois dans votre dernière écritte à ce que je pense par M. votre fils, savent en profiter, je vous en fais mon sincère compliment.
Je savais déjà par ma sœur la mort de mon pauvre neveu qui no m'a du tout point surpris d'après ce que vous me marquâtes a votre avant dernière, dieu lui ait fait miséricorde. Si je suis venu a son
secours ce n'est pas que j'en aie bien le moïens, mais pénétré de sa situation, je me serois plutôt privé du nécessaire pour le soulager ; mes parens rapport a cela sendoute, me croient ici dans la plus grande opulence a en juger par leur importunité auprès de vous, pour vous prier de me demander pour eux, un pour rétablir le devant de sa maison et les autres mille choses ; j'ai il y a quelques années envoyé pour le rétablissement de cette même maison, et aujourd'huit Ton revient a la charge pour le même objet, qu'ils apprennent que je ne suis point un Crésus qui a la vérité sous la révolution je les aurais mis tous a leur aise, et je le serois aussi, présentement infirme pour ainsi dire d'un pied, et accablé par les années, il faudroit que je ne poussasse qua eux pendant que j'ai asses affaire a moi, ils voudroient a ce que je vois, faire de moi, une vache a lait.
Que ne puis-je vous ouvrir verbalement tout ce que j'ai sur le cœur mon digne ami, je vous dirois d^s choses a leur égard qui vous dégouteroient a vous appitoyer pour eux l'on ne peut pas toujours trasser sur le papier des choses qui fairait rougir concernant leur cupidité, ce qui me fait vous repeter que je voudrois être né enfant naturel, non que mes parens ne soyent honnêtes gens ; je me souviens qu'un jour M. Dessoliac chez qui j'eus l'honneur de diner me fit réloge de leur probité ce qui me flata beaucoup.
il me coûte singulièrement a ne pouvoir répondre a la grandeur de votre arae obligeante et a la sensibité de votre cœur plein de zèle a être util a mes parens et a moi, que ne puis je vous en témoigner ma reconnaissance sans borne de pénétration, ainsi qu'a la démarche a visiter et parcourir mon prés de roussou, de même qu'au détaille innombrable que vous vous donnez lapeine de me faire surtout ce qui me concerne, métez moi en même d'y répondre autrement que par des paroles, mais suivent mes moyens.
je fini en vous prient de|me croire pour la vie le plus reconnëssent des hommes obligés, non, je ne puis trouver expretions asses pénétrantes a vous témoigner ma senssibilité, c'est ainsi que je vous prie de me croire a jamais votre serviteur et ami.
Julien.
P. S. Je prie Madame armand de recevoir ma sensibilité a son souvenir ainsi que mon profond respect que j'ose lui présenter sans oublier votre aimable famille quoique je connoisse pas tout le contenu, mon peu de facilité a écrire et amesprimer ne me perment pas de vous dire tout ce que je pense.
Si j'ai tardé si longtemps a répondre a voire obligentc lettre, c'est