CHAPITRE HUITIÈME
Salon de 1804 : statue du Poussin. — Projet de tombeau 'POUR le maréchal de Vaux. — Buste de Napoléon. — "- Son testament. Décès et honneurs funèbres. — Inven-
' taire, SUCCESSION.
Le gouvernement du Consulat avait repris le programme de Tancien régime et faisait tenniner la série des statues des Grands Hommes. Vers la fin de 1801, le marbre n'est pas encore commencé. Landon, dans son Précis historique des Produits des .Arts, nous dit, parlant d'un projet de monument pour Le Poussin, à ériger aux Andelys, que « le sculpteur Julien doit exécuter sa statue en marbre. Le modèle en plâtre se voit dans son atelier, au Louvre (1) ». L'artiste met plusieurs années pour exécuter le marbre; ses forces déclinent et ce n'est qu'à grand peine qu'il se . trouve prêt pour l'ouverture du salon de 1804.
L'exposition de la statue du Poussin eut lieu au Luxembourg comme nous le dit l'auteur des Lettres impartiales sur les expojsitions de l'an XIII (2).'« Allons vite près du Poussin, de M- Julien, ouvrage en marbre et digne du grand peintre dont il •éternise l'image. Nous regrettons seulement pour dire toute la vérité, que l'artiste n'ait pas exécuté le marbre lorsqu'il en créa le modèle ; il y eût conservé la même fermeté et la même chaleur que l'âge et le temps ont peut-être tempérées. Mais cette obser-
(I) En mai 1802, une souscription est ouverte pour élever un gaceUnm ou petit , monument à la gloire de N. Poussin : Julien doit faire don de son modèle en piAtre lorsque le marbre sera terminé. Ont déjà souscrits : Baltard arch., Bavic gr., Chaudet se, David p.. Gérard p., Julien se., Landon p., Legouvé, Lenoir, Méhul, Mérimée p., Normand, Percier, arch., Talma art. au TiiéAtre Trançais. ' (2) Par P. Voirat, d'après Barbier. Lettre xu.
vation ne dérobe rien du mérite de cette statue, qui par la pose, la ressemblance et la correction, sera toigours digne des regards des connaisseurs. »
La statue du Poussin obtint une « mention des plus honorables » quand furent décernés les prix décennaux en 1810. Actuellement le marbre se trouve au palais de l'Institut, dans la seconde travée du vestibule, à gauche delà porte d'entrée de la salle des séances. La statue mesure 1 m. 55 de hauteur sur 1 m. de largeur. Le plâtre qui entoure le socle rond, pour le rendre carré, dissimule la signature et les inscriptions qu'a pu graver le sculpteur. Le modèle en plâtre ne figure point dans l'Inventaire. Probablement Julien a dû le donner pour le monument de Nicolas Poussin aux Andelys.
Julien devait aussi exécuter un buste du Poussin. Cette œuvre fut laissée inachevée. Dans son testament il charge M. Biaise son élève « de finir le buste du Poussin en marbre, dont le modèle est par moy presque fini ». Ce modèle fut terminé par Biaise avec l'agréement de Julien encore vivant.
Dans ce même testament, Julien, après avoir nommé M. Dejoux son exécuteur testamentaire, ajoute : « Je désire qu'il veuille bien aussi se charger de la continuation des ouvrages par moy commencés dans mes atteliers du Louvre et du Palais des Arts à l'exception du buste du Poussin. . . »
Ces ouvrages étaient des statues que Julien devait exécuter pour M. Armand Jean-François Seguin, propriétaire, demeurant à Paris, rue d'Anjou Saint-Honoré, n** 25. Ces travaux, en voie d'exécution, furent estimés par Lemot, Villette et Biaise, tous trois sculpteurs. Ils pensent qu'il serait dû à la succession Julien la somme de 2,710 francs. M°*® Julien assure qu'il a été donné des acomptes à M. Julien. Et par la liquidation de la succession nous voyons qu'il reste dû, par les héritiers à M. Seguin, la somme de 1,333 fr. 33 centimes.
Dans l'Inventaire figure un projet pour le Tombeau du maréchal de Vaux (1). Le maréchal appréciait beaucoup le talent de
(1) Le maréchal de Jourda de Vaux, né au château de Vaux, en Velay, le 5 mars 1705, pacificateur de la Corse, mort à Grenoble le 14 septembre 1788.