I. Archives Nationales., K, i3o2, p
6'j PIERRE LE GRAND
Claude Bergerean et Antoine Lapierre, laquais du dit sieur Le Blond; Girard Sualem, machiniste ; Jean Michel, menuisier.
Gens qui vont par mer et qui doivent se joindre à Charleville :
Nicolas Sineau, sculpteur ;
Marianne Simon, sa femme;
Marguerite Simon, sa belle-sœur;
Marie-Marguerite-Simon, sa belle-mère ;
Barthélémy Guillaume, compagnon sculpteur ;
Nicolas Pérard, aussi compagnon sculpteur;
Marie Girard, sa femme ;
Antoine Fessier de Derville et Alexandre Girard, designateursdu dit sieur Le Blond ;
Charles Tapa, constructeur et inspecteur de batimens ;
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Edme de Bourbon, appareilleur et tailleur de pierres ;
François Batellier et Antoine Gœurdassier, dit l'Assurance, tailleurs de pierres ;
François Foy, maçon ;
Charles Le Clerc, charpentier ;
Paul-Joseph Sualem, compagnon machiniste ;
Edme Pelletier, valet du dit sieur Girard Sualem ;
René Sualem, compagnon du sieur Michel, menuisier;
Guillaume Belin, serrurier;
Antoine Barbier et Jean Buffet, compagnons du dit Belin ;
Jean Noiset de Saint-Mange, cizeleur ;
Etienne Sauvage, fondeur ;
Jean-Lombard, orphèvre-bijoutier ;
Edme Bourgoin, son compagnon ;
Jean Ferré, jardinier ;
Jean-Jacques Gaucher, Jean-Louis Vanocque, Pierre Grignon et Jean-Baptiste Bourdin, tapissiers hautelissiers ;
Jean-Baptiste Oudry, peintre ;
Philippes Behagles, teinturier et tapissier;
Jean-Philippe Behagles, son fds ;
Gabriel Renaud, teinturier en laines ;
Jean Renaud, son fils ;
Claude Meriel, teinturier en soye;
Antoine Keblin, faiseur de caractères d'imprimerie ;
Louis Fournier et Jean Fournier, gainiers ;
Etienne Barnou , sellier pour les carosses;
Nicolas Taillebot, charron pour les carosses ;
Claude Namur, menuisier pour les carosses ;
Pliilippes Racine, serrurier pour les caresses.
« Nous, etc.
c( Permettons aux dénommez au présent état de sortir du Royaume pour aller tant par mer que par terre à Petersbourg travailler au service de Sa Majesté Czarienne, en foy de quoy nous avons signé, etc.
(( Certifions à tous qu'il appartiendra que le Roy a permis aux desnommez dans Testât cy-dessus de sortir du Royaume et d'aller tant par mer que par terre à Saint-Pétersbourg travailler au service de Sa Majesté Czarienne. En foy de quoy nous leur avons accordé le présent certificat pour leur servir et valoir en temps et lieu et que de raison, lequel nous avons signé de notre main, fait contresigner par le secrétaire des batimens du Roy et y aposer
le cachet de nos armes à Paris, le i5 avril 1716. »
Malheureusement, leur sacrifice ne reçut en Russie que de rares encouragements.
Ils se heurtèrent à la rudesse, à l'ignorance, à la malveillance d'un peuple encore peu préparé à comprendre les beautés de leurs enseignements et plusieurs, mourant presque de faim, abreuvés de dégoût et de lassitude, demandèrent à être rapatriés.
D'autre part, quelques officiers français avaient déjà mis leur épée au service de la Russie qu'ils initiaient ainsi à notre tactique militaire.
La question commerciale commençait également à être l'objet des préoccupations générales et déjà se précisait l'idée de fonder une Compagnie privilégiée. A cet effet,
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La Vie, commissaire de la Marine royale à Hambourg, reçut Tordre de se rendre en Russie pour y faire un rapport sur le commerce et les ressources du pays.
Muni d'instructions très complètes sur l'objet de sa mission, il arriva à Pétersbourg le i3 janvier 1715 d'où il écrivit à Dubois une série de lettres fort curieuses sur l'influence française en Russie et la situation commerciale. Il s'attache surtout à faire ressortir l'importance du commerce de la France avec la Moscovie et la nécessité d'y entraver le trafic toujours grandissant des Anglais et des Hollandais par la création de la Compagnie dont il s'agit. Mais il estimait qu'au préalable une sorte d'essai devait être tenté en vue de renseiofuer les commerçants sur les obstacles à franchir pour assurer le succès de cette entreprise. Il demande à cet effet l'envoi de deux navires
marchands dont les commandants s'enquerraient des conditions sur lesquelles on pourrait baser cet établissement. Il énumérait les avantages nombreux que le commerce de la France pourrait en retirer et les préjudices que lui occasionnait dans le gouvernement de Moscovie la concurrence de rivaux redoutables, et surtout des Anglais.
A ces questions se mêlent des détails fort piquants sur les menus faits de la vie russe, la situation précaire des Français immigrés, les intrigues des deux partis qui divisaient la Cour, dont Fun avait pour chef Golowkine, tout dévoué à la Maison d'Autriche, et Fautre, le prince Menchikoff, Kourakine et Chafirof, les favoris du moment. Tous ces récits éclairent d\in jour nouveau les événements qui se déroulaient alors dans ce singulier pays.
Malheureusement La Vie mena à Saint-
ET LE PREMIER TRAITE FRANCO-RUSSE ij i
Pétersbourg une vie si déréglée, s'aboucliant avec les pires ennemis de la France, contractant de multiples dettes, qu'on dut le rappeler et l'écarter de la vie publique. Peu de temps avant la mort de Louis XIV, Pierre lui renouvela l'expression du vif désir qu'il avait de se rendre en France % mais le vieux Monarque déclina de nouveau cette offre. Il laissait entendre que la déplorable situation financière de la France, la maladie avec laquelle il était aux prises et son âge avancé ne lui permettraient pas de recevoir le Gzar avec toute la pompe désirable, et une fois encore celui-ci se vit rebuté et nous repoussions une proposition dont les avantages paraissaient pourtant si évidents.