PRINCIPAUX ÉTATS D'EUROPE
AU MOMENT DE l'aRRIVÉE DU CZAR A PARIS
A la veille de l'arrivée du Gzar à Paris et au lendemain des traités d'Utrecht et de Bade, quelle était la situation de la France et de PEurope ? LAutriclie ne les avait acceptés qu'avec mécontentement et n'attendait qu'une occasion de les remettre en question. Le désir de reconstituer l'ancien empire de Gliarles-Quint hantait l'imagination de l'Empereur qui ne pouvait se faire à la séparation des couronnes d'Espagne et d'Autriche, La haine traditionnelle de la
France restait donc aussi vive à Vienne. En Espagne, Philippe V, en dépit des traités, maintenait ses prétentions à la couronne de France. Il n'avait vu qu'avec déplaisir le duc d'Orléans assumer la régence. Sa seconde femme, Elisabeth Farnèse, d'une ambition dévorante, et son ministre Albéroni, « espèce de Richelieu manqué, esprit remuant et hardi qui concevait des plans gigantesques sans calculer les moyens de les accomplir », entretenaient ses ambitions latentes. Albéroni déclarait hautement à Philippe qu'il devait tôt ou tard recouvrer les Pays-Bas, affaiblir la puissance maritime anglaise en soutenant le prétendant, reprendre en Europe une situation prépondérante. Pour préparer ces vastes et chimériques desseins, Albéroni répandait à profusion l'argent en France pour mettre ce qu'il appelait « le
feu aux poudres^ ». Il entretenait jusqu'à la Cour des émissaires secrets. Son ambassadeur à Paris, Gellamare, était l'instrument le plus actif et le plus dangereux de ses visées.
D'autre part, la Suède, notre vieille alliée, alors aux prises avec Pierre le Grand et dans une situation presque désespérée, était dans Tinipossibilité de nous prêter le moindre concours.
Pour toutes ces raisons, le Régent cherchait à se rapprocher de l'Angleterre et de la Prusse. Depuis longtemps d'ailleurs, il était en rapports suivis avec Georges P'", en dehors même de ses liens de parenté avec lui.
Le 23 janvier 1715, lord Stair fut accrédité à Paris en qualité d'ambassadeur d'An-