IV PREFACE
des moyens de diversion de nature à inquiéter la Cour de Vienne pour la sécurité de ses pays héréditaires ou pour la soumission des Etats Teutoniques. Cette politique était commandée à la France par le souci même de son indépendance, depuis qu'au xv^ siècle les divisions de la maison de Valois l'avaient privée, au profit des Habsbourg, de l'héritage de Bourgogne, désastre seulement comparable à celui qu'elle avait éprouvé déjà au x*" siècle, lorsque la décadence de la dynastie carlovingienne lui avait coûté, avec son droit d'aînesse, la part de Lothaire. Il était réservé au xix*^ siècle de lui infliger de nouveau, par les démembrements de i8i5 et de 1871, des maux semblables.
Pierre le Grand, dans son effort pour rom{)re le cercle où il se trouvait emprisonné, fut donc assez naturellement amené à se tourner vers la France. Son but devait être de l'éloigner des voisins importuns qui obstruaient sa route, afin d'afFail)lir ceux-ci et d'arriver graduellement à les écarter, sinon à les supprimer tout à fait. A ce point de vue, un accord avec le Cabinet de Versailles était son besoin le plus pressant, bien qu'il eût