PREFACE
peut-être songé d'abord à demander à l'Angleterre et à la Hollande Fappui nécessaire pour sa politique générale.
Il était malaisé cependant d'obtenir de la France un complet renoncement à son système traditionnel. Les ministres de Louis XIV paraissent avoir fait assez sourde oreille aux premières ouvertures venues de Moscou. Après la mort du grand Roi, il est vrai, la situation fut sensiblement modifiée. En toute chose, à l'extérieur comme à l'intérieur, Fopinion réclamait du nouveau. L'abbé Dul)ois, confident du Réfi-ent, rêvait d'attacher son nom et sa fortune à un système d'alliances qui contrasterait avec les errements du passé. Pierre jugea que le moment était favorable pour faire prévaloir ses idées. Se fiant, non sans raison, à la séduction, à roriginaiité même de son génie et au prestige de la gloire que déjà il s'était acquise, il fit personnellement, en mai 1717, le voyage de Paris , où il échangea des visites avec le jeune roi Louis XV et saisit le cabinet français d'une proposition formelle d'alliance. Son objet particulier était de rompre les attaches de Charles XII, son ennemi déclaré, avec la France, et il employa toute sa force de per-