‹ Pierre le Grand et le premier traité franco-russe (1682 à 1717) Préf. du Baron de CourcelChapitre 48 sur 75 · Mémoire sur Vétat de la Russie, par le P. Malussis · texte numérisé non relu

Mémoire sur Vétat de la Russie, par le P. Malussis

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un grand nombre crouvriers, et une partie de la noblesse de Moscovie avance de son propre argent des sommes considérables afin de faire un fond suffisant pour cette entreprise dans laquelle elle espère aussi trouver son compte. ».

Partout le Gzar interrogeait les ouvriers, les traitant avec une familiarité et une bonhomie qui offusquait fort la « délicatesse », l'amour-propre et l'orgueil instinctif de Tentourage du Régent, surtout à cette époque de dédain et de luxe.

En se rendant à TAcadémie de peinture, il traversa un pont auquel travaillait une nombreuse équipe de maçons ; aussitôt il s'arrête, s'entretient longuement avec eux et ne se retire qu'après avoir obtenu toutes les satisfactions désirables.

Quand la foule des curieux l'incommodait par trop, d'un geste ou d'une parole parfois

ET LE PREMIER TRAITÉ FRA>CO-RrSSE 'MX)

sèche et brutale, il leur ordonnait de se retirer; puis il poursuivait sa route; aucun détail ne lui échappait ; son regard pénétrant scrutait tous les alentours et les remarques souvent originales et pleines de saillies auxquelles il se livrait dénotaient la sûreté de son jugement et la vivacité de son intelligence. « Tout exprimait en lui cette puissante force de commandement et cette énergie de volonté qui marche aux grandes choses et réussite »

Le 13 mai, Pierre alla voir la manufacture des o'iaces établie au faubourQ- Saint- Antoine. Le i4, on le vit à TOpéra accompagné du Régent. Pendant le spectacle il s'endormit. Lorsqu'il se réveilla, Dubois lui demanda s'il s'était ennuyé. « Bien, au contraire, dit-il, mais j'ai préféré dormir pour

I. Philippe d'Orléans, Régent de France, par Capefigue, i838.

•2IO l'IElUîE LE GHAM)

en éviter le scandale. — Vous avez donc Sire, assez d'empire sur vous-même? — Si je n'en avais pas sur moi, comment en prendrais-je sur les autres ? » Il ne retourna plus à rOpéra\

Le iG mai, il va aux Invalides. Là son tempérament de soldat reprend le dessus et saisissant d'un geste brusque un verre de vin, il boit aux camarades, manifestant un enthousiasme extraordinaire et serrant avec effusion la main de tous ces braves.

Le poète Thomas dans sa Pctreide raconte en ces termes cette visite :

Vers les bords où la Seine, abandonnant Paris, Semble de ces beaux lieux, où son onde serpente, S'éloigner à regret et ralentir sa pente, D'un immense palais le front majestueux Arrondi dans la nue en dôme somptueux,

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