‹ Pierre-le-rougeChapitre 25 sur 52 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

Les Mêmes, INVITÉS.

( Costumes du temps du directoire. Musique à l'orchestre pendant Feutrée des divers personnages epr passent dans la galerie du fond.)

BORDIER , annonçant. Le citoyen lord Erskine, et la citoyenne duchesse de Devonshire.

quissac. Le baromètre directorial esta la paix.

BORDiER. Les citoyens Corbineu, et Lemarrois, élèves de Mars.

QUISSAC. Pépinière de généraux.

BORDIER. Le citoyen Délia Maria,, le citoyen Trenitz.

quissac. La musique et la danse qui se donnent la main.

BORDIER. La citoyenne Lucrèce Perrou , les colonels Lannes et Kilmaine, le citoyen et la citoyenne Scipion Boucher, le citoyen Jean Bon, de Mayence.

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SCÈ3NE VIL

Les Mêmes, CORNELIE.

(Elle est vêtue à la greccrue et à la dernière mode.)

QUISSAC, regardant le costume sans voir

lu figure. C'est d'un précieux !.- Impossi-

le magasin théâtral.

ble de se déshabiller d'une manière plus convenable.

DESM \RETS, prenant Quissac par la rnain. Belle citoyenne, j'ai l'honneur de vous présenter le citoyen Quissac.

CORNÉUE. Citoyen...

QUISSAC , à part. Tâchons d'être aimable. (Haut.) Cha-niante citoyenne , je suis -avi de pouvoir enfin augmenter le nomb-e de vos nomb-eux aduii-ateurs...

Ma petite pa-ole panachée...

CORNÉLIE, à/w/V. C'est un fat; ne soyons pas en reste. (Haut.) Ah ! Desma-els, vous êtes un homme ado-able de m'avoir amené le citoyen Quissac... Ma petite pa-ole pa-fumée.

QUISSAC, saluant d'u/ie manière ridicule. Ah ! ma-ani !.. certainement que... (En se relevant, il se trouve tout-à-fait en face de Cornélie; il reste devant elle la bouche ouverte, la phrase suspendue, et ta surprise peinte sur le visage.) Ah ! mon Dieu!

CORNÉLIE, d'im air très- gracieux. Qu'avez-vous donc, citoyen?

DESMARETS. Est-ce qu'il va jouer la surprise de l'amour?

QUISSAC, tout troublé. Je vous demande mille pardons, mafia... citoyenne... c'est si singulier., je ne peux pas me figurer que c'est la première fois que j'ai le bonheur de vous voir... en p-ovince... peut-être à la campagne ?

CORNÉLIE. La campagne! je l'ai en ho-eur. Je n'y vais pas même au mois de flo-éal.

QUISSAC. Et pourtant, plus je vous regarde... c'est que deux sœurs ne se ressemblent pas davantage... et si j'osais mettre un nom sur ce joli visage...

CORNÉLIE. Mille pa-dons! on m'attend au salon de musique. Le citoyen Ga-at va nous chanter une omance à la mode ; c'est d'un p-ovincial , d'un petit jeune homme, nommé, je c-ois , Boyeldieu ; il est né à Ouen; je le p-otége ! je suis folle de cette délicieuse omance.

Chantant avec affectation.) Viv-e loin de ses amours, N'est-ce pas raou-ir tous les jours.

Desina-ets, donnez-moi le poing.

'Répétant.)

Viv-e loin de ses amours,

N'est-ce pas mou-ir tous les jours.

( Elle sort avec Dcsmarets, et ils passent dans les salons.)

SCEJNE VI11.

QUISSAC, seul.

(Ils se frotte les yeux, il se promène de long en large avec agitation.)

Voyons! voyons! Est-ce que je rêve?., ou bien, cette femme... oh ! non; c'est impossible!., il y avait trop de calme dans ses regards!., trop d'assurance dans toute sa personne!, et moi, qui, au milieu de tout ce monde, ai manqué de céder à un premier mouvement! qui ai été sur le pointde lui dire... c'est toi!.. Insensé!.. Et pourtant, la ressemblance est si grande... mais son costume? et le mien... son langage? et le mien., sa situation brillante? et la mienne. Ah ! il vaut mieux que ce ne soit pas elle, car elle n'aurait qu'à savoir l'aventure de Raimbaut, et j'aurais à craindre... ah I c'est égal ! je veux éclaircir mes doutes.

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