LE RETOUR
A rappel de Laure, Pierre s'était recueilli, et, retenant jusqu'à son souffle, il avait prêté une attention profonde. Quelques minutes lui suffirent pour s'assurer que la jeune fille ne s'était pas trompée : dans un bourdonnement lointain et confus, il reconnut le bruit de la chute d'eau.
— Vons avez raison, s'écria-t-il en se levant, c'est de ce côté; marchons.
Laure obéit; mais aux premiers pas ses forces la trahirent. L'àme n'était pas vaincue, mais le corps succombait à tant d'épreuves. Vainement essaya-t-elle de surmonter cette faiblesse; le mal redoubla; unefièrre ardente paralysa ses mouvements, et, après avoir chancelé pendant quelques minutes, elle retomba sur le sol près-
que anéantie. Un vertige affreux s*était emparé d'elle; des mots sans suite s'échappaient de ses lèvres; ses dents s'entrechoquaient; elle était en proie à des spasmes affreux. Pierre vint à son secours, la prit dans ses bras comme un enfant, la couvrit de son manteau et s'empressa de quitter ces voûtes humides. Guidé par le roulement sourd qu'il avait entendu, il s'avança à tâtons, se remit dans une direction meilleure et parvint ainsi & regagner la partie du souterrain qui lui était familière. C'était un premier pas vers la délivrance; mais il restait encore à trouver l'issue qui devait les rendre à la lamière. L'état de la jeune fille n'avait point changé; un abattement complet venait de succéder à la crise, et il loi restait à peine un sentiment confus de sa position. Pierre se trouvait dans un grand embarras : pour diriger ses recherches avec fruit, il avait besoin de toute la liberté de ses mouvements, et cependant il eût été dangereux de se séparer de sa compagne. Que faire? Les heures s'écoulaient, et le spectre de la faim allait venir. Laure semblait plus calme; il la déposa sur un rocher uni, renveloppa avec soin, et s'éloigna d'elle pour bien reconnaître les environs. Aucune de ses absences n'était longue; il revenait & chaque instant pour s'assurer de la malade, écouter l'imperceptible respiration qui attestait la présence de la vie, enfin veiller sur elle avec l'inquiétnde d'un père. Cependant ces courtes explorations n'a-
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menaient aucun résultat. Parmi les diverses galeries qui s'ouvraient devant lui, Pierre avait cru distinguer celle qui devait le conduire à son but; mais il fallait pousser plus loin cette reconnaissance fwur que ses présomptions devinssent une certitude. Pierre hésitait pourtant; on eût dit qu'une force invincible le retenait auprès de la jeune fille. Enfin» il se décida et s'engagea de nouveau à la découverte.
Il venait de s'éloigner, et le bruit de ses pas se perdait dans le lointain, quand Laure sortit de son évanouissement. Ses perceptions, vagues d'abord, devinrent peu à peu plus distinctes ; le néant qui s'était fait dans ses idées disparaissait; elle recouvrait le sentiment et la mémoire. Son premier mouvement fut d'étendre les bras autour d'elle, comme pour chercher quelqu'un; die n*y renconlra que le vide« Eperdue, elle se mit sur son séant, passa ses mains sur ses yeux, et poussaun cri involontaire :
— Pierre I dit-^Ue.
Le silence seul lui répondit. Cétait une réplique terrible. Elle était donc seule, abandonnée dans ce souterrain. Ou ce chef de bandits Tavait crue morte, ou il avait voulu se débarrasser d'elle. Cependant rien ne devait lui laisser pressentir ce dénoûment; jusque-là les attentions, les soins de oet homme ne s'étaient pas démenlis. Il allait revenir sans doute, et il suiBsait de l'attendre. Pendant quelques mimtes Laure s'y résigna;
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maU ces minutes p(»sées dans Tobscurité et sous rempire d'impressions accablantes lai parurent longues comme des siècles. Elle n'y résista plus et se leva, résolue de pourvoir elle-même à son salut» de chercher son chemin jusque dans les entrailles de la terre. Cette inaction lui pesait; elle la trouvait plus lourde que le repos de la tombe. Son énergie, un instant éteinte, avait pris an caractère fiévreux qui ne lui laissait pas la liberté d'esprit nécessaire pour juger froidement sa situation. Pour éviter la mort, elle y courait. Comment aurait-elle pa se guider dans un labyrinthe oài l'œil exercé de Pierre venait d'échouer?
L'exaltation de Laure fut plus forte que les conseils delà prudence; elle se mit en marche et précipita ses pas. A chaque instant les arêtes du rocher l'arrêtaient et déchiraient ses vêtements ; on eût dit autant de mains qui cherchaient à la retenir. Ces obstacles ne faisaient qu'augmenter l'ardeur convulsive qui l'animait; elle forçait sa course jusqu'à ce que son front vint frapper la Yoûte ou que son pied.se heurtât contre les inégalités du sol. Elle se relevait alors, non en vaincue, mais plus déterminée que jamais. Pendant une heureenviron cette marche souterraine se prolongea sans changer de canu^tère. C'étaient toujours les mêmes ombres, les mêmes aspérités ; toujours un terrain inégal et rocailleux, toujours les ténèbres, toujours la nuit* Pas un filet de
clarté, pas un indice rassuranti Cette uniformité n'abattait pas le courage de la jeune fille, mais commençait à le lasser. Le regret pénétrait insensiblement dans son âme : elle expiait les suites d'un premier écart. Quel espoir lui restait-il après cette course désordonnée au milieu de mystérieuses catacombes? N'était-elle pas égarée h jamais, et cela par sa propre faute? Que tenter encore, pour échapper à une douloureuse agonie? Quel secours invoquer? Quelle main secourable appeler à l'aide? Laure se sentait ainsi domptée par la réflexion et abattue par les résultats de son épreuve. La femme reparut ; elle cria,''mais en vain : sa voix se perdit dans ces profondeurs ténébreuses.
Laure se sentait perdue ; un désespoir sombre succédait h l'exaltation qui l'avait soutenue; elle ne marchait plus que lentement, s'appuyant sur les parois du roc, au hasard, sans direction et par une sorte d'impulsion machinale. Elle, si flëre, si résolue, céda à la douleur. Elle venait d'éclater en sanglots, lorsque, dans un détour du rocher, elle sentit une main s'appuyer sur son bras et une voix douce lui dire :
— Enfant! où allez-vous donc?
C'était Pierre : la jeune fille ne pouvait s'y méprendre. Jamais harmonie plus douce n'avait frappé son oreille. Pour toute réponse elle laissa tomber sa tête sur la poitrine de son libérateur.
— FoUé, ajouta celui-ci; heureusement je veiUais sur
Ils se remirent en route. Pierre avait achevé la recon* naissance du souterrain, et désormais il s*y dirigeait avec assurance. Laure gardait le silence; mais son coeur était plein et se contenait avec peine. On gagna Tissue; et du plus loin qu'elle aperçut la clarté du jour la jeune fille tomba à genoux : elle renaissait à la vie. L'entrée était tapissée de hautes touffes de romarin ; elle en respira le parfum avec une sorte d'ivresse et jeta sur la campagne un regard plein d'attendrissement. Quant à Pierre, ses préoccupations étaient moins sentimentales. La nuit n'était pas encore venue, et quelques pâtres se moDtraiei^t sur les berges du ravin. Malgré l'impatience de Laure, il fallut attendre que ces espions incommodes eussent regagné leurs gites. A la suite de l'alerte de la journée, les issues de la forêt devaient être occupées, et, pour en sortir, il fallait déployer toutes les ressources de stratégie qui avaient rendu la troupe des Moutons célèbre dans la contrée. Les instincts du chef de bande reprenaient le dessus; Pierre ne songeait plus qu'aux
Quand l'obscurité régna, il se décida à quitter sa retraite et à courir les chances d'une étape nocturne. Seul, il n'aurait rien craint, il connaissait des sentiers escarpés où la maréchaussée ne s'aventurait pas, et se
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frayait en plein bois des trouées où il eftt été trop dangereux de le suivre ; mais avec une femme pour compa* gnon de route, il fallait modiBer cet Itinéraire, prudemment sans doute, mais forcément. Une fois arrivé aux ruines de Saint-Michel, tout devenait fadie. La voiture était là, et Zéphyr attendait les fiigitifs; mais deux lieues environ séparaient cet endroit de l'issue du souterrain, deux lieues coupées de ravines profondes, couvertes de bois et de rochers. Dés la sortie même une épreuve dangereuse se présentait : il fallait descendre jusqu'au lil du torrent par un escarpement presque Tertical, (st en s'aidant des touffes d'herbes éparses çà et là dans les fentes de la pierre. De ce point, le chemin suivait la direction du ravin, occupé de loin en loin par des flaques d*ean bourbeuses et {)rofondes.
Ces obstacles n'intimidèrent point Laure, ces përib lui semblaient légers auprès de celui auquel elle venait d'échapper. Pierre d'ailleurs était là, et son dévouement s'était retrouvé. La force corporelle de cet homme, l'élasticité de ses muscles, son agilité, sa présenoe d'esprit tenaient du prodige. Il emportait Laure dans ses bras avec la vitesse de l'éclair sur les pentes les plus rapides» bondissait comme le chamois d'un roc à ua autre, sans broncher, sans hésiter, sans un seul faux pas. On eût dit que cet aventurier avait fait un pacte avec les ténèbres, avec les pierres, avec l'eau, avec la forêt. Devant
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lui, les difBcaltés s'aplanissaient comme s*il eût joué avec elles; rien ne l'arrêtait, ni les broussailles, ni les fondrières, ni les escarpements, ni les marécages ; son œil distinguait des objets imperceptibles pour d*autres; son pied semblait avoir l'instinct du lien où il fallait se poser. Aussi cette course de nuit s'acheva* t-elle comme par enchantement. Au moindre pas périlleux, Laure se sentait soulevée de terre et transportée en on moment sur un terrain moins rude; son guide, vigoureux et attentif, n'avait d'autre souci que de lui épargner les fatigues et les dangers du chemin. Quel-* quefois, pourtant, Pierre s'arrêtait tout à coup, et, faisant asseoir la jeune fille, il lui recommandait le plus profond silence. Il n'était pas rare alors d'entendre le hennissement des chevaux ou le retentissement de quelques pasdans les sentiers voisins. A la nature des bruits, Pierre devinait le nombre de ses ennemis et la direction qu'ils prenaient. Ces indices le guidaient dans sa marche, la rendaient plus sûre. Un général consommé n'eût pas déployé plus de ressources ni imaginé une marche plus savante.
Ce fut au milieu de ces précautions que les deux fugitifs arrivèrent sur les bords d*uiie petite rivière qui serpentait dans une plaine couverte d'oliviers : c'était la rivière de Gapeau. On entendait de loin, par un profond silence, clapoter l'eau dans les endroits oA le lit se
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resserre et où le courant acquiert plus de rapidité. A quelque distance de là une masse noire semblait former une barrière à Diorizon. Des murailles délabrées, des créneaux à demi écroulés» se dessinaient confusément : on était arrivé devant les ruines de Saint-Michel, assignées à Zéphyr comme lieu de rendez-vous.
Pierre, en jetant les yeux sur ces décombres, ne put retenir un geste d'impatience et de mécontentement. Évidemment, ses ordres n'avaient pas été suivis; il cherchait un indice qu'il n'apercevait pas, et semblait se défier d'une surprise. Par trois fois il fit le tour des murailles, en y jetant des regards soupçonneux et cherchant à éclaircir ses doutes. Enfin, se plaçant sur Tune des meurtrières les plus rapprochées de la porte, il fit entendre ce que dans la troupe on nommait la Romance des Moutons, A peine le dernier son du sifflet eut-il retenti, qu'une tête parut hors de la meurtrière.
— Est-ce toi, Zéphyr? dit Pierre.
— Oui, capitaine.
— Et pourquoi n'as-tu pas allumé le fanal, étourdi?
— Il a passé des gendarmes, capitaine. Fallait pas se trahir.
— Ah diabje! et de quel côté allaient-ils?
— Du côté des Maures.
— Combien étaient-ils?
— Cinq.
— C'est bien ; descends.
— Oui, capitaine.
Zéphyr, au lieu de faire le tour par l'intérieur des ruines, sauta du haut de la meurtrière et se trouva surle-champ auprès de Pierre.
— Et la voiture, dit celui-ci, où est-elle ?
— Dans le magasin à fourrages ; les chevaux sont attelés ; je vous attendais.
— Maintenant, mon gars, qu'as-tu observé dans le jour? Qu'y a-t-il dans l'air?
— Un tra la la de gendarmes, capitaine l Gendarmes à pied et à cheval. La brigade donne tout entière, faut croirel C'est pire que les sauterelles 1
— Le chemin le moins garni de ces oiseaux-là, lequel esl-ce. Zéphyr? Tâchons d'avoir la main heureuse!
— Celui de Pignans, capitaine : le Bas-de-Gapeau est trop mauvais. Pignans et Cuers, voilà notre affaire.
— Va pour Pignans et Cuers, mon garçon! C'est arrêté; fais sortir tes chevaux.
— Oui, capitaine, et des bêtes solides : vous allez voir comme ça détale.
Zéphyr, en disant ces mots, s'engagea au milieu des ruines, et, quelques minutes après, il reparaissait triomphant avec son équipage. Pierre prit Laure par la main et la plaça dans la voiture. Dans un coin se trouvait un paquet de bardes qu'il en tira : c'était pour Zéphyr des
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habits de livrée, et pour lui le costume do capitaine Maxime, qu'il avait quitté pour se rendre au souterrain. L*nn et l'autre endossèrent ces habits, et la métamorphose fut si complète, que la jeone fille se crut m moment le jouet d'une illusion. Ce ne fut qu'au son de la voix qu'elle reconnut Pierre, lorsqu'il se plaça àsescôtés. Zéphyr monta sur le siège, fouetta ses chevaux, et la voiture s'ébranla rapidement.
Laure avait eu à soutenir un tel assaut dans le cours de cette journée, elle avait essayé des émotions â diverses, des fatigues ri grandes, que le sommeil s'empara d'elle aux premiers balancements de la voilure. Les rêves les plus riants la bercèrent dans le cours de cette nuit ; elle se vil heureuse, riche, honorée, se promenant de fête en fêle, étonnant tous les yeux parle luxe de ses toilettes et l'éclat de ses pierreries. Quelle est la femme qui n'a pas en des songes pareils ? Laure en était là, aa plus beau moment de son triomphe, quand un bruit de voix l'arracha à celte chimère. Il était grand jour ; la voiture se irouvalt entre Pignans et Cuers, et le premier objet qui frappa la jeune fille à son réveil, fut le visage soucieux de Pierre. D'un œil inqul^, il suivait à travers les glaces la scène qui était engagée sur sa router
— Eh ! dites donc, brigadier, s'écriait Zéphyr en jurant, c'est bêle comme tout de faire arrêter des chevaux à la descente I Ohé ! là Ma F ohé ! ohé! le Blanc !
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Laore regarda : c'était un détaebeiiMnt Se gendarmerie qai emmenait un homme, les maiM liées derrière le dos. Zéphyr et PierreaTaient neeonnà Boaton-de-Rose, qui gardait une impassibilité hérc^ique.
— Codier» répondait le brigàdiefi tâchez de marcher droit, 00 l'on vous fichera à l^aroende. Pourquoi n*arrôtez-voQs pas quand on vous l'ordonne ?
— De quoi! brigadier; vous croyez donc que c*estafsé d'arrêter des animaux pareils? Bon pour vos biques! Ohé I là t là ! ohé ! le Roux I Tirez-vous donc de devant, brigadier I
— Quand vous aurez répondu, cocher. Vos papiers? --Mes papiers? demandez au bourgeois I Ahf mes
papiers! Ohé! làl là! ohé! ohé! le Blanc! ohél le Roux! ohé! ohé! Mes papiers, brigadier, n'est-ce pas?
— Oui, cocher, et pas d*insolenoe !
— Eh bien ! suivez-moi cliez leurs altesses impériales à Hyères ; on vous les montrera mes papiers ! Ohé I là là! Ohél ohé!
Ces paroles parurent faire quelque impression sur le Aef du détachement. A Tinstant môme, il quitta la léte des chevaux qu'il avait jusque-là tenus en arrêt et, s'approchant de la glace de la portière, il chercha à jeter un coup d'œil sur les personnes qui occupaient la voiture. loin d'éviter cette inspection, Pierre la prévint. Il abaissa 1^ glace en affectant de montrer ses épaulettes.
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— Pardon, mon officier, dit le gendarme, en accompagnant ces paroles d*un salut militaire ; mais Tordre est donné de tout visiter aujourd'hui.
^Faites votre devoir, brigadier.
— A qui ai-je Thonneur de parler, mon officier?
— Au capitaine Maxime Grandval et à sa sœur Laure Grandval. Nous venons de Gênes pour le service des princesses. Voici ma feuille de route.
£n entendant ces mots, Laure tressaillit ; elle comprit qu'à l'instant même s'établissait entre elle et le chef des bandits une sorte de complicité. Cette perspective l'épouvanta et elle ouvrait déjà la bouche pour rompre, dès le début, ce lien affreux, quand Pierre lui prit vivement la main, et d'une voix douloureuse :
— Vous voulez donc me perdre ! dit-il.
Son regard était suppliant, son visage décomposé.
Cependant la jeune fille aurait peut-être su résister à sa compassion, vaincre les souvenirs qui pouvaient la rendre secourable à cet homme, si le brigadier de gendarmerie, après avoir jeté un coup d'œil sur les papiers que Pierre lui avait remis, ne les lui eût rendus en disant:
— Suffit, capitaine. Excusez I En route, cocher I
— Enfin, s'écria Zéphyr; ça n'est pas malheureux! djial riou!
Et la voiture s'éloigna pendant que Pierre échangeait un signe imperceptible avec Bouton-de-Rose. Laure était
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attérée, anéantie. Quand Zéphyr, quelques heures après, entra à Hyères et vint frapper aux grilles du château qu'habitaient les princesses, elle n'était pas encore rêve* nue de sa stupeur.