LES EXPLICATIONS
Le jeune homme était plongé dans une rêverie qui le rendait omme insensible aux objets extérieurs. Livré à lui-même, son tieval s'en allait paissant le long des berges et s'arrêtait sur les oints où l'herbe était le plus touffue. Dans l'un de ces mouvelents, la tête de l'animal vint effleurer le talus derrière lequel i m'abritais et ses yeux rencontrèrent les miens. Effrayé, il ût ne brusque courbette qui eût désarçonné un cavalier moins >lidement assis.
— Eh bien I Faust, lui dit son maître, qui signifient ces g^-
It4 EDOUARD MONGEROTf.
Il ramassâtes rênes et étreignit les flancs de la bête, qui s'agita pendant une minute, puis se calma. Le comte Ernest lui rendit alors la main et reprit sa pose pensive.
Je ne perdais aucun de ses mouvements, aucun de ses gestes. Quand il m'eut dépassé, je me mis à le suivre en ayant soin de laisser toujours la haie entre lui et moi, et en étouffant le bruit de mes pas de manière à ce qu'il ne pût m'entendre. Son regard avait une direction fixe dont il ne se détournait pas; il cherchait à découvrir par-dessus les claies des jardins un objet qui échappait à sa recherche. De temps à autre, il se relevait sur ses étriers afin de plonger dans la végétation touffue qui l'environnait. Son cheval jouait dans ce manège le rôle d'un confident et d'un complice. Se Taisait-il uneéclaircie, la bête intelligente y séjournait, comme si elle avait eu l'habitude de ces haltes. Il arriva m moment où Faust s'arrêta court et releva les naseaux en manière d'appel. Je me trouvais alors à dix pas du cavalier ; aucun détail de cette scène ne m'échappait. C'était précisément en face de l'allée qui divisait dans le sens de la longueur les jardins du pépiniériste; l'œil remontait delà jusqu'aux serres et ^ la maison d'habitation. Le comte Ernest parut hésiter; puisran^ géant son cheval près des claies, il détacha de sa boutonnière une rose du Japon et la lança dans le jardin. Une double charmille m'empêcha de voir si quelque moiivement intérieur répondait à cet appel. Cependant je ne m'y épargnais pas et enfonçais mon visage, au risque de le déchirer, jusqu'au cœurdej la haie d'aubépine. Enfin, le cavalier parut prendre son parli;j il remit son cheval dans la ligne du sentier et descendit lentement la vallée en prenant la direction de la Bièvre.
Quand les mouvements du terrain l'eurent dérobé à mes regards, je me laissai aller sur le revers du fossé. It n'y avait plus à en douter : le jeune homme avait continué ses poursuites. Sa présence dans ce sentier, l'attitude qu'il y avait gardée, celle fleur, ce geste, tout accusait Mai-iette. Evidemment il se cachait là-dessous un concert. Cette pensée me causa une telle douleur: que je me levai d*un pas chancelant et allai me jeter le long] des clôtures. Je pleurais comme un enfant, je m'arrachais les cheveux avec une sorte de rage. Que faisais-je là ? Le soin de ma dignité ne m'ordonnail-il pas de me retirer à l'instant même? Je restais pourtant et trouvais presque du plaisir à exhaler ma plainte.
J'en étais au plus fort de cet accès, lorsqu'une voix, venue du verger, retentit à mon oreille :
— Que faites-vous là, Edouard ? disait-elle.
Je me relevai étonné ; ce peu de mots agirent comme un charme. Il y avait, dans les vibrations de Tair, dans les nuances du son, je ne sais quoi de consolant qui apaisait les douleurs.
— Bonté du ciel, m'écriai je, serait-ce vous, Mariette?
Et j'appliquai mon œil contre les claies, afin de m'assurer que je n'étais pas le jouet d*un rêve. Elle me comprit, et se dégagea du milieu des charmilles :
— Oui, Edouard, c'est moi, dit-elle avec un sourire. Vous ^ le voyez bien que c'est moi, monsieur Tinconstant.
Je me mis à genoux comme pour implorer mon pardon.
— N'importe, ajouta-t-elle ; j'étais bien sûre que vous reviendriez.
Ainsi il avait suffi de quelques mots pour changer entièrement les rôles. Je m'étais promis de l'accuser, de Taccabler de mes dédains et de mes colères. Elle était là et je ne trouvais rien à lui dire, rien à lui reprocher. Je ne savais plus ni me plaindre, ni me défendre. Elle, au contraire, avec une entière liberté d'esprit, savait me dire que j'étais coupable, et je me trouvais bien coupable en effet d'avoir pu l'oublier.
Cependant la blessure était trop vive et surtout trop récente pour qu'elle ne se rouvrît pas. Je songeai au beau cavalier qui venait de se montrer sur la lisière des jardins^ et je me demandai si la présence de Mariette n'était pas une nouvelle preuve de cotaplicité. Au premier charme qu'elle avait exercé, succédait un accès de défiance. Mariette m'avait ouvert la porte, et en y entrant je ne pus me défendre d'un retour vers mes préventions ; elle me devina :
— Qu'avez-vous donc, Edouard? me dit-elle en me prenant par la main et me conduisant à l'abri d'un berceau de chèvrefeuilles.
— Et la rose! lui dis-je en cherchant à pénétrer jusqu'au fond de sa pensée.
— La rose ! quelle rose ? me répondit-elle d'une voix assurée.
— La rose de tout à l'heure l repris-je d'un ton moins ferme ; une rose du Japon ! je crois.
-- Edouard, me dit-elle en me serrant la main et en donnant à son organe des inflexions si pures qu'elles eussent touché un Scythe, Edouard, qu'est-ce que cette rose et que voulez-vous dire?
Tout cela avait un accent d'innocence qui eût balancé l'évidence même. Mariette avait si bien conduit les choses que j'en étais réduit à une attitude purement défensive et qui tournait au ridicule. Mon orgueil s'en émut.
)«€ ÊDOOARD M0K6BK01I.
— Mais la rose ! dis-je^ je Tai pourtant vue, cette rose, vue de mes yeux !
— Encore ! répliqua Mariette impassible.
— C'est trop fort, m'écrlai-je, en m'élançant vers l'une des allées latérales.
D'un coup d œil je m'assurai de la position qu'avait dû prendre le comte et cherchai çà et là le gage qu'il avait jeté dans le jardin. La découverte en fut vite faite : la rose du Japon était restée suspendue à une haie de myrtes.
— La voici ! m'écriai-je en me précipitant sur cette fleur comme sur une proie. C'est moi qui avais tort.
Mariette m'avait suivie et comme si elle n'eût rien compris à cette émbtion, elle joignit, dans une pose qui lui était familière, ses deux mains sur mon épaule et attacha sur moi un regard curieux.
— Après? me dit-elle.
Je lui renvoyai son regard, et avec plus d'assurance que de coutume, je lui répondis :
— Après, Mariette? Vous ne savez donc pas de qui vient cette fleur?
— Non, répliqua-t-elle sans hésitation.
— Eh bien ! ajoutai-je, au risque d'aider à ma propre ruine, c'est de la part du comte Ernest.
— Le comte Ernest ! s'écria-t-elle avec vivacité. Vrai, Edouard?
-^ Oui, Mariette, le comte en personne ; j'étais là tout à l'heure. C'est un hommage qu'il vous adresse. L'acceptezvous?
— Le comte Ernest ! reprit Mariette devenue pensive. Je ue vous comprends pas, Edouard. Venez, quittons le jardin : mon père pourrait nous surprendre. Tout juste, je Tentends qui vient de ce côté. Venez vite, nous n'avons pas un instant à perdre: il faut que je vous parle.
Nous courûmes vers la porte ei pûmes la franchir avant que • Grandchamp nous eût aperçus. Un sentier creux se trouvait à quelques pas; nous nous y engageâmes. Mariette se suspendit à mon bras; elle semblait ûère et heureuse. Moi j'éprouvais le bien-être qui marque la fin des grandes crises. 11 y avait uoe heure à peine, j'étais en proie aux plus cruelles angoisses. Tout ce qui peut ulcérer un cœur et le remplir de fiel s*était conjuré contre moi. Et, au contraire» tout à présent me souriait. Mon &me était tellement pleine, que je n'avais plus besoin d'explications. Je comprenais tout, j'excusais tout. Je tenais Mariette
ÉBOUABP MONGBRON* i27
ellement serrée contre moi, que ses pieds ne touchaient plus e sol. Nous allions au hasard sans autre but que celui d'être msemble, de respirer le même air et de retrouver .notre intiuitë d'autrefois. Elle était là; que pouvais-je désirer de mieux? e sentais son bras s'appuyer sur le mien ; n*est7ce pas une latisfaction suffisante ? Quand le soleil luit^ se souvient-on de la )rume?
Nous arrivâmes ainsi à rentrée d'une avenue de peupliers, jetés »mme une île verte entre deux vastes prairies. Sur la ligne des irbres s'étendait une rigole^ où serpentait un filet d'eau, et que aplssaient de hautes herbes, peuplées de quelques rainettes, darietle voulut s'y reposer; elle avait^ disait-elle, à s'expliquer lYecmoi. Ainsi, le combat que je fuyais, elle le provoquait. J'avais beau déserter le champ de bataille, la jeune fille s'était )romis de croiser le fer, et, bon gré, mal gré, il fallait s'y réioudre. Cette hardiesse m'intimida : en sondant mon cœur, je )e le trouvai pas pur de tout reproche. J'étais venu à Verrières ivec les allures d'un accusateur, et je n'y jouais que le rôle d'un ïrévenu.
Sur l'un des côtés du ruisseau, nous découvrîmes un réduit charmant, tapissé d'un gazon ras et entouré d'un buisson qui ai servait d'abri naturel. Manette s'y étendit, et donna à sa )elle tête une auréole de bleuets, d'asters ^ de marguerites. Fe m'assis à ses côtés, et elle commença :
— Edouard, me dit-elle avec une certaine gravité, je n'aime )as les bouderies sans motifs. Voyons, soyez franc, d'où venaient ^os caprices?
La question était , nettement posée; elle avait même un ca- 'actère de défi. Je pris les mains de lajeune fille dans les miennes i lui répondis :
— Mariette, j'ai eu tort ; je vous ai soupçonnée ! Quand on lime bien, il faut si peu de chose pour jeter du trouble dans 'esprit ! Ne m*accusez pas, Mariette, plaignez-moi plutôt, car 'ai bien souffert !
— Souffert, Edouard; c'est possible, répliqua lajeune fille; e le crois, je le veux bien ; mais encore faut-il à cela un motif, me cause. Souffert, soit, mais de quoi?
— Et ce jeune homme? lui dis-je avec une émotion mal conenue.
— Quel jeune homme? répondit-elle en femme décidée h ne pas céder un pouce de terrain.
— Le comte Ernest, m'écriai-je.
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— Un enfant, répondit-elle avec un dédain souverain sur les lèvres.
J'aurais dû m*emparer de ce mouvement et le seconder, combattre mon ennemi par le seul point où il fût vulnérable. Au lieu de cela, je parlai en homme qu'un vertige aurait frappé; je pris en main la cause du comte^ et la plaidai comme si j'avais eu un intérêt à la faire réussir. La jalousie est si maladroite!
— Un enfant, répondis-je, un enfant ! Alors, trouvez-m'en un plus accompli. Mariette, je crois savoir ce que je vaux, et pourtant lorsque je me compare à lui, le découragement s'empare de moi! Malheur aux jeunes filles que cet enfant trouvera sur son chemin ! Malheur aux hommes dont il se déclarera le rival. Croyez-moi, Mariette, lorsque je l'ai vu s'approcher de vous, rechercher les occasions devons plaire, je me suis dit que c'en était fait de mon bonheur et qu'il s'élevait un obstacle entre vous et moi. Cependant, vous étiez ma fiancée ; vous m'aviez donné votre amour, engagé votre main. C'étaient là des motifs pour me rassurer. Eh bien ! non : je ne me sentais pas la force de lutter ; j'ai craint, j'ai douté, je me suis défié de moi-môme, de vous, de l'univers entier. Et quel supplice que le soupçon! Puissiez-vous jamais ne le ressentir !
Pendant que je parlais, la jeune fille était devenue pensive; elle se remit néanmoins pour me répondre :
— Vous êtes jaloux, Edouard, je le sais; je vous plains de! l'être, c'est un cruel tourment que la jalousie ; mais y ai-je donné sujet?
— Et la fête de Sceaux! lui dis-je; vous m'y avez fait mourir à petit feu !
— Edouard, me répondit Mariette, ne jugez pas les jeunes | filles sur ce qu'elles sont'au bal ; elles y éprouvent une ivresse dont on ne peut de sang-froid se faire une idée. Je ne suis pas la seule; toutes sont ainsi. Non, mon ami, ajouta-t-elle, non; qu'il ne soit plus question de la fête de Sceaux. Si je n'ai pas été pour vous ce que j'aurais dû être, je m'en repens, pardonnexmoi.
—Vous pardonner, Mariette, m'écriai-je; vous êtes toute pardonné^. N'est-ce pas moi qui suis le vrai coupable avec mes sottes fureurs et mes injustes soupçons?
— Ne parlons plus de cela, mon ami, dit en m'interrompanl la jeune fille un peu confuse.
— Oh! Mariette, laissez-moi réparer mes torts; laissez-moi, à force d'amour, faire oublier ma faute. J'ai agi comme un enfant, cela est vrai, je n'ai pas eu le sang-froid d'un homme qui a
pour lui la garantie d'un saint engagement. Mais aussi comprenez combien je vous aime en voyant où me conduit la seule crainte de vous perdre.
— Pauvre Edouard ! me dit la jeune fille en promenant ses mains dans les boucles de mes cheveux.
J'étais ivre, j'aurais voulu convier l'univers entier au spectacle de mon bonheur. Au milieu de la joie qui m'inondait, je ne remarquais pas à quel point la jeune fille était maîtresse de ses émotions, et quel empire elle exerçait sur elle-même. Penchée vers le gazon, elle y jouait avec les tiges des herbes, ou cueillait quelques fleurs des prés dont elle détachait les feuilles une à une. Quelquefois elle relevait les yeux et semblait suivre avec une attention inquiète les mouvements de ma. physionomie. Pendant que je me livrais tout entier, il régnait chez elle une réserve tranquille et une sorte de calcul. Je ne vis rien alors de tout cela.
— Mariette, lui dls-je, vous avez bien raison, ne songeons plus à ces misères. C'était un nuage; il est loin maintenant. Vous m'aimez, oublions le reste.
— Oui, Edouard, je vous aime, me répondit la jeune fille d'une voix douce ; mais je n'aime pas vos extravagances. 11 faudra vous en corriger, Monsieur.
— Qu'à cela ne tienne, répliquai-je avec chaleur; je serai ce que vous voudrez, Mariette. Ordonnez, disposez, faites de moi ce qu'il vous plaira. H suffit du son de votre voix pour dissiper les fantômes dont mon cœur s'épouvante.
Ce langage toucha la jeune fille; je vis une larme rouler dans ses yeux, puis, détachée de ses cils, tomber sur ma main.
— Plus de ces idées noires, me dit-elle. Je vous aime, Edouard; je dois être à vous. Pourquoi vous troraperais-je? Ne suis-je pas libre encore? Si j'en aimais un autre, je vous le dirais, et vous êtes si bon, que vous me le pardonneriez. Moi! songer à de grands seigneursrl ajouta- t-eHe en revenant sur mes soupçons ; le beau rôle, vraiment ! Et à quel titre, s*il vous plaît? Serait-ce comme maîtresse ou comme servante? Dieu merci, je n'en suis point encore descendue là.
De tels éclairs de fierté brillaient dans ses yeux que j'en étais émerveillé. Elle s-était accoudée sur le tertre et relevait la tête avec une dignité de reine. Puis, comme si elle eût obéi à un dépit intérieur, elle arrachait des touffes de gazon et les dispersait çà et là. J'y crus voir encore un peu de rancune, et j'essayai de la désarmer.
— Non, me dit-elle d'une voix douce, Edouard, n'ayez point
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d'inquiétude, il n'y a dans mon cœur rien qui doive vous causer du souci.. Je vous aime^ je vous suis destinée. Mon père voulait rompre ; il est furieux contre vous. Je l'ai apaisé, j'ai exigé qu'il attendit. Je savais que vous me reviendriez. N'est-ce pas assez vous en dire, mon ami, et pourquoi forcez-vous une pauvre fille à faire des aveux aussi délicats?
Par un mouvement gracieux, elle laissa retomber sa tète sur mon épaule, comme si elle eût cherché un appui. Les boucles de ses cheveux se jouaient sur moi, agités par le vent, et je voyais près de mes lèvres s'entr'ouvrir ses lèvres de carmin. La tentation était trop forte, j*y cédai et lui ravis un baiser. Elle se releva rouge comme une grenade.
— Edouard! Edouard! s'écria-t-elle en prenant un air sévère et boudeur.
-^ Grâce I lui dis-je humblement.
«^ Soit; mais ne recommencez plus; autrement nous aurions des querelles. Mais j'y songe, ajouta-t-elle avec vivacité, j*en ai une à vous faire.
-^ A moi? répondis-je, sans me douter encore du piège où J'allais tomber.
— A vous, Monsieur. Je viens de quitter la sellette ; passez-y maintenant. Et n'allez pas me tromper, car je vous devinerais.
' Je compris où elle en voulait venir et ne pus me défendre d'un peu de trouble. Je comptais dans ma vie quelques pages que j'aurais voulu pouvoir en retrancher. Cependant je fis bonne contenance. Mariette avait pris la figure impassible d'un juge.
— Et votre grande dame ! dit-elle d'une voix qu'elle s'efforçait de rendre imposante*
— Ma grande dame? répondis-je, en cherchant à éloigntf l'explication. Quelle grande dame?
^ Celle du bal de Sceauxl votre danseuse, ajouta-t-elle, en précisant les faits. Vous croyez peut-être que je n'ai rien remarqué?
— Ma danseuse? dis-je, comme un homme qui recueille ses souvenirs. Ah! j'y suis, celle du quadrille où vous éiiei, Mariette?
— Précisément.
— Où vous étiez avec le comte Ernest, repris^je avec la pensée de me créer une diversion.
— C'est bon, c'est bon, répondit-elle vivement; n'ayons pas secours à des faux-fuyants. Cette dame, cette danseuse, qui ostelle et qu'en avez-vous fait?
Il n'y avait plas à reculer; il fallait payer d'audace et s'en tirer aux dépens de Coraiie.
— Cette femme^ m'écriai-je^ vous avez pu vous en inquiéter, Mariette, une...
ie m'arrêtai sur ce mot comme si ma voix se fût tout à coup éteinte dans mon gosier.
— Une...? répéta Mariette.
EUe attendit vainement la suite. Derrière le buisson et dans les éclaircies du feuillage, je venais d'apercevoir deux yeux ardents qui se tenaient fixés sur moi. Je me sentis près de défaillir.