LES PETITS ANGES
Pendant que Pierre achevait dans la cellule de sa prisonnière cet examen de conscience» non loin de là des confidences s'échangeaient entre quelques hommes de sa troupe. Chez les malfaiteurs ce passe-temps est habitael; c*est à qui déploiera plus de ressources d*élocution dans le récit de son Odyssée. On a souvent parlé de Timagination des Arabes; celle des voleurs n'est pas moins féconde, etilsy ajoutent une assurance qui tientàla profession. Rien, d'ailleurs, de plus édifiant que ces romans où les vertus du héros éclatent sous le plus beau jour, et où Tindépendance oratoire ne connaît aucune espèce de limites. Ce soir-là, Tintérôt de la veillée était concentré dans nn groupe qui occupait Tun des angles de la grande salle. Une dame-jeanne de vin de la Malgue était placée au milieu du cercle, et le conteur avait soin, de temps à autre, d'y puiser quelques inspirations. Les trois hommes importants du groupe, ceux qui avaient droit aux honneurs de la parole, étaient le lieutenant Bouton-de-
Rose, le sons-lieutenant Zéphyr et le simple bandit Rossignol. Les autres faisaient galerie; ils s'inclinaient silencieusement devant la supériorité de leurs camarades et la facilité d*élocution qui les distinguait : c'était se connaître.
Quant à eux, il ne leur restait du langage humain qu'un grognement sourd, et c'est à l'aide de cet instrument qu'ils soutenaient l'orateur dans son récit, comme les chœurs dans le théâtre antique. Sur les instances de l'assemblée, Bouton-de-Rose venait de se décerner la parole : son grade et ses talents lui en donnaient le droit. L'énorme bouteille de vin fit le tour du cercle, et, après s'en être humecté convenablement, le lieutenant commença :
« Je suis né natif de Bretagne : c'est assez vous dire que je suis Breton. Ma patrie est Mériadec, près d'Auray, un pays des dieux où j'espère bien d'aller finir mes jours quand nous aurons assez mangé de poussière dans cette gueuse de Provence. Il faut que vous sachiez que mon père était un bon enfant qui se fit couper en deux à Quiberon. Pour qui? Du diable s'il le savait lui-même. Il alla au feu à cause de mon oncle, le curé de Grouny, qui lui dit, pour le décider, qu'il y gagnerait une situation avantageuse dans l'autre monde. L'auteur de mes jours ajouta foi aux promesses de notre respectable parent, mit sa fourche sur l'épaule en guise d'arme à
feu, et alla se faire démolir sous le fort de Penthiëvre par DO boulet du général Hocbo. J*étais bien jeune alors; mais je me souviens toujours du moment où Ton nous rapporta ce qui restait de mon auteur; un soulier et un chapeau. Plus que ça â*héritage 1 Le reste avait été dispersé dans les dunes et emporté par le flot. Ma pauvre mère ne pouvait pas 8*en consoler; elle passa huit jours à la recherche des débris de son époux, afin de les ensevelir en terre sainte : elle ne trouva qu'une fièvre maligae dont elle mourut un mois après.
» Il faut vous dire que j*ai toujours eu des sentiments, je m'en flatte. J'étais orphelin : ça ne pouvait pas se passer comme ça. Mon père et ma mère manquaient à ma faible jeunesse : il fallait que quelqu'un en portât la peine. Je mis la main sur le coupable : c'était mon oncle, le curé de Grouny. Sans lui mon père ne se serait pas fait détériorer par un projectile, comme un ingénu qu'il était, et ma mère, la digne femme, ne m'aurait pas laissé en ce bas monde, aussi solitaire que le pélican* C'est bon, que je me dis, mon excellent oncle, tu me le payeras; foi de neveu, tu n'emporteras pas la chose en paradis. Il le sentait, l'ecclésiastique ; il me voyait venir I Aussi m'administrait-il des sermons de longueur, et me disait-il que mes auteurs se trouvaient excessivement heureux dans le séjour des ange^. C'était ingénieux, mais voilà tout. Il voulait réparer la sottise qu'il avait
faite en envoyant mon père se battre avec une fourche contre des boulets de canon ; mais il avait affaire à un gaillard qui ne se promenait pas facilement dans la lune. La dent que j*avais contre lui était encore jeune, mais solide ; elle ne fit que croître et embellir par une foule de circonstances qu*il n*est point indifférent de vous énumérer. Zéphyr, passe-moi la fiole, ces souvenirs de mon jeune âge m'altèrent considérablement.
— 11 y a de quoi : tout ce qui vient de Bretagne est salé : exemple, le beurre, répliqua Zéphyr en passant l'ustensile à son chef.
La dame-jeanne fit de nouveau le tour de l'assemblée el revint à son point de départ; Bouton-de-Rose la souleva de son bras athlétique et s'en infusa une dernière rasade.
— Histoire de se nettoyer le râtelier, dit-il, et il continua :
« J'étais donc monté contre mon oncle le curé ; pour être complètement véridique, j'ajouterai que ça datait de loin. Enfant, je lui avais servi de clerc, et, comme je lai sifflais quelquefois le jus de ses burettes, il me prodiguait les taloches en bon parent. Depuis mes sept ans, je m'étais promis que je lui revaudrais ça, et je n'y ai pas manqué. Ensuite il voulait m'apprendre le latin, la Bible, les Écritures, et voilà des choses qu'on ne pardonne pas. Vous me direz peut-être : Ce sont des vétilles, des piqûres d'épingle,...
— Hais non, mais non, s'écrièrent les bandits.
> Attendez, mes petits amours, nous ne sommes point encore au bout du chapelet; vous allez connaître le Yënérable ecclésiastique : chaque chose en son temps. Mon père et ma mère étant morts, la chaumière fut Tidée, on vendit nos pauvres meubles, la huche, les matelas, tout jusqu^à mon lit : je restai nu comme le jour où je vins au monde. C'est bon, me dis-je, cela regarde mon oncle; le tort est de son côté; il me doit un sort. Personne de plus tranquille que moi. Je volais les Iraits des voisins, je saignais leurs poulets, et quand ils se plaignaient, je les envoyais à mon oncle. L'ancien se faisait tirer la manche et puis il arrangeait la chose. Pendant trois ans il remplit ce devoir; mais, quand il vit que je le prenais décidément sur ce pied, il outragea la nature, foula sous ses talons les droits du malheureux orphelin et me mit à la porte. Eh bien 1 qu'en dites-vous T ajouta Bouton-de-Rose en croisant les bras et interrogeant ses compagnons. En voilà un de procédé I
— L'indigne homme 1 s'écria l'assemblée.
— Vis-à-vis d'un être faible et sans défense, poursuivit l'Hercule, en agitant sur ses épaules sa tète de taureau.
— Ça criait vengeance, ajoutèrent ses compagnons.
> Elle ne lui manqua pas; mais procédons par ordre, l'étais donc sans feu ni lieu. Pour son excuse, mon
oncle disait que je pouvais me tirer d'affaire tout seul. A dix-huit ans, jugez 'un peu. Si ce n*est pas incroyable ! Cependant je voulus n'avoir rien à me reprocher; je pardonnai à Tecciésiastique, je renonçai à affliger sa soutane, à abreuver sa tonsure de réclamations. Je pouvais réclamer une pension, deâ rentes pour mes vieux jours; j'aimai mieux me montrer généreux.
— Dieu f que c'est donc délicat, dit l'assemblée. Bravo, Bouton-de*Rosel Après lui faut tirer l'échelle.
» Voici, mes petits anges, comment je calculais. Mon oncle, disais-je, est un homme d'âge; et je suis son seul parent et héritier. Pourquoi troubler les derniers ins* tantsde ce bon pasteur! 11 n'est pas immortel, et j'en rends grâce à la nature. Eh bien 1 quoil II n'y a qu'à attendre; un peu de patience et le magot me revient. Je sais que l'ancien ramasse depuis longtemps ses petites économies; j'ai vu les tiroirs, ils sont pleins, très-pleins; monnaie jaune, monnaie blanche, un peu de tout. Il y a du linge dans les armoires, de l'argenterie dans le buffet, des livres dans la bibliothèque, des lapins dans le clapier, des rideaux aux fenêtres, de bons matelas sur les lits, enfin tous les biens de la création. L'ecclésiastique ne marche jamais sans cela. Soyons calmes et laissons faire le temps. Tout mortel descend à son tour le fleuve de la vie et il y a un terme à tout, même aux curés. N'était-ce pas philosophique, mes amis?
^Philosophique à mort, dirent les bandits.
» £h bien! mon parent abusa de ma bonté. Jusque-là il avait vécu seul dans son presbytère ; utie vieille villageoise soignait son petit ménage et se retirait après avoir tout mis en ordre. C'était bien; je n'avais pas à me formaliser; j'acceptais cela, je faisais cette concession : il faut être juste envers Tâge. Mais ne voilà-^t-il pas que, tout d*un coup, mon vénérable parent se ravise! Il renvoie la vieille et prend chez lui une jeune fille fraîche, robuste, et qui m'avait Tair d'une matoise finie. — Âh fichtre I me dis-je tout d'un coup, voilà que case gâte. Une luronne de vingt ans! Je me rétracte; je ne pardonne plus. Ah ben oui ! pour que les petits écas la dansent, et que je ne trouve plus au moment final que des coquilles de noix I Pas de ça, mon bon oncle, je ne puis pas tolérer ce changement de position sociale; impossible, parole d'honneur!
— Au fait, c'est juste, observa Zéphyr, il n'en avait pas le droit: un oncle se doit à son neveu I
» Gomme tu dis. Zéphyr, un oncle se doit à son neveu. Et puis, mes petits anges, pour qui me prenait-il, l'ecclésiastique? Est-ce que je ne devais pas être révolté de voir une jeunesse à son service, et quelle jeunesse? Une gaillarde achevée ! Ah ! çà, et la morale donc ? J'aurais pu laisser donner un accroc à la morale? Non ! Il fallait rappeler ses devoirs à ce mortel vertueux, empocher que
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le désordre ne s*iDtroduistt dans sa maison. Moi, transiger avec la morale ! allons donc I C*est alors, mes amis, que je me suis décidé à sauver le vieillard au péril de mes jours ; que dis-je, de mon honneur. Je devais ce sacrifice aux principes I
— Joli 1 joli I s^écria Rossignol.
» CelU considération me décida. La jeune fille qui s'était introduite chez mon oncle ne l'avait fait qu'en vue du magot. Je résolus de déjouer les plans de la sournoise en exécutant une rafle sur la boite aux écus. De quoi s'agissait-il? de reprendre ce qui devait m'appartenir, d'anticiper un peu sur les événements. On voulait me dépouiller, je défendais mon bien ; quoi de plus légitime? Et dire qu'ici-bas les bonnes intentions sont toujours méconnues, et que la vertu la plus pure peut conduire un homme à Brest ou à Toulon I C'est décourageant, parole d'honneur I
— Quelle petitesse I ajouta Zéphyr.
» Je montai donc mon coup. Le jour, c'était difficile : mon oncle ne quittait pas le presbytère, et, pendant que duraient les offices, la servante faisait bonne garde. Je connaissais parfaitement les êtres : il s'agissait de franchir la barrière du clos et d'ouvrir une croisée du rezde-chaussée ; de là j'entrais dans la pièce où se trouvait le magot. Je me procurai chez le forgeron une forte pince avec laquelle, en pesant un peu, on pouvait ouvrir
fenêtres et meubles; c'était Taffaire d'un petit brin d'exercice ; ce fut vite appris. La bonté de ma cause me soutenait, me rendait tout aisé. Avec un cœur pur et quelques verres de vin dans l*estomac, mes agneaux, il n'y a rien d'impossible. Fais circuler la fiole, Zéphyr, je m'aperçois que je m'attendris.
— C'est juste, l'émotion porte sur le gosier; il faut humecter la narration, dit le sous-lieutenant.
Ce fut l'affaire d'une nouvelle libation qui mit presqu'à sec le vaste réservoir.
> Enfin, reprit Bouton-de-Rose en poussant un bruyant soupir, je me décidai à l'expédition. On ne sait ce qui peut arriver en pareille circonstance ; je pris un couteau et l'aiguisai d'une manière imperceptible. Un joujou de poche, un instrument de dames, quoi ! Rien de méchant, ni de bien affilé. Il était minuit quand j'escaladai la barrière. Les chiens ne donnèrent pas de la voix ; ils me connaissaient. J'arrivai sous la fenêtre du rez-dechaussée ; j'écoutai : partout le silence. On dormait profondément dans la maison. Avec mon instrument je pesai sur le volet ; après quelques efforts il céda ; je brisai une vitre et ouvris l'espagnolette. Malheureusement quelques éclats de verre tombèrent sur le plancher, et mon oncle, qui avait le sommeil fort léger, entendit ce bruit et prêta l'oreille. J'opérai alors sur le meuble qui i^nfermait la monnaie, et il venait de céder et de s'ouvrir,
quand je vis s'avancer le curé une chandelle à la maiD. En toute h&te, je [remplis ma poche d'écus et me disposais à fuir quand mon oncle me saisit au collet et se mita crier.Âlors, machinalement, je portai la main à mon couteau, et donnai au vieillard une poussée un peu rude. Il tomba, le pauvre cher homme, et je battis en retraite sans pouvoir seulement lui expliquer mes intentions.
— Si ce n'est pas du malheur 1 dit Rossignol.
» Voilà l'aventure. Mon oncle n'avait qu'une égratignure, et il en revint; mais ses cris attirèrent les habi" tants des maisons voisines. On m*arrëta au moment où je franchissais les barrières du clos. Mon affaire fut bientôt bâclée. On me conduisit devant des messieurs qui ne voulurent point reconnaître ce qu'il y avait de pur dans ma manière d'opérer. Si j'avais volé des mil* lions et organisé un coup sur une grande échelle, je serais en honneur du monde ; mais j'ai voulu reprendre mon petit bien, et l'on m'a envoyé au bagne. Du reste, ça n'a pas manqué : mon oncle est mort, et c'est la servante qui a hérité. La justice m'a fait tort de cela. Essayez encore de venger la morale : il y a de quoi s'en dégoûter. Voyons, Zéphyr, passe-moi la fiole, moit garçon : c'est là-dedans que la vertu méconnue trouve sa récompense. »
— Toisé! mon cher. Évanoui, le liquide I Aussi tu es inconsolable ce soir. Quelles lampées l
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—Zéphyr! la santé de rhomme, c^est de se tenir les pieds secs et le gosier humecté. Avec ça, on passe mille ans, comme les corbeaux. Mais, silence! Au tour de Rossignol. Rossignol, gazouille-nons ton histoire. Mes petits amours, écoutez Rossignol.
€ Mon Dieu, c'est tout ce qu'il y a de plus simple, dit celui-ci. J'ai le malheur d'avoir un joli talent pour les paraphes, voilà ce qui m'a perdu. Une supposition que j'eusse tourné mes facultés vers toute autre chose, je restais un citoyen patenté et honoré. J'aumis joué, par exemple, parfaitement de la clarinette : en quoi cela aorait-il pu me nuiret Eh bien, il n'en est pas de même d'un talent pour les paraphes; la société n'a aucune espèce d'égards pour ce genre d'industrie. Il faut dire que je m'y suis pris jeune : au collège, j'exécutais la signatore du professeur avec accompagnement d'un certain paraphe flamboyant qui n'a pas peu servi à me former la main. C'était compliqué au possible et mélangé de losanges d'une exécution très-délicate. Malgré cela, je l'ai pincé du premier coup : j'avais ce talent dans les doigts. Une, deux, trois; pas plus malin que cela. Était-ce ma faute? je vous le demande? fallait-il me couper le poignet? Pouvais*je refuser un don de la naturel J'ai passé huit ans de ma vie sans pouvoir mordre au latin, et le premier paraphe que j'ai vu, crac! enlevé! Si ce n'est pas là une vocation décidée.
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c*est qu'il n'y a rien sous le soleil qui mérite ce Dom.
— Adjugé ! dit Bouton-de-Rose en interrompant l'orateur. Chacun apporte son guignon en naissant, et la philosophie consiste à ne pas bouder contre son ventre. Ta m'as passé la soutane, je te passe la plume d'oie. Continue, Rossignol, je te couvre de mon estime.
» Je me livrai donc, dès mon plus bas âge, au commerce des paraphes, et mes débuts furent des plus heureux. En général, tout homme a besoin de la main de ses semblables ; il demande une signature par ci, une signature par là. Il lui faut celle du préfet pour les passeports et les ports d'armes , celle du maire pour les papiers de Tétat civil, des légalisations et des apostilles sans nombre. Du premier coup, je supprimai tout cela. Vous voyez cette main, mes camarades ; elle suffisait à tout; elle remplaçait celles du préfet, du maire, da notaire, des juges ; une main universelle, portative et commode. Et dire qu'au lieu de lui donner un brevet d'invention et de la combler de récompenses, on a jeté cette main sur la paille humide des cachots.
— Encore une petitesse, s'écria Zéphyr. La société est bien rétrograde!
» Tant que je travaillai dans le paraphe administratif, ça marcha. Il ne s'agissait que d'actes sans importance^ et le gendarme commis à la vérification des passe-ports est peu lettré. Malheureusement, mon goût pour le pa-
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raphe me porta vers la finance, et ici commencent mes malheurs. 11 y avait dans la ville de Bourgogne que j'habitais alors un banquier dont le paraphe était superbe. Figurez-vous quelque chose de rond, de plein, de dégagé, de librement fait, de hardi même, enfin un vrai chefd'œuvre. Toutes les fois que je voyais ce paraphe, il me prenait des envies de m'y livrer, de m'y adonner, de le cultiver I Que voulez-vous? une fantaisie d'artiste, un goût décidé pour le beau! C'était un si magnifique paraphe! Il faut n'avoir jamais connu le culte de la calligraphie pour ne pas me comprendre et m'excuser. Après ayoir longtemps lutté, un jour je fus vaincu. Je dessinai avec amour les premières arabesques du merveilleux paraphe et l'enlevai tout entier, d'une manière triomphante. DansTivresse du succès je le multipliai tellement qu'il s*en trouva bientôt pour deux cent mille francs en circulation. Ce que c'est que la passion de l'art!
-—C'est comme le soufflet que j'ai donné au quartiermaître de YOcéan, dit Zéphyr. Fallait voir comme c'était festonné.
> Bref, poursuivit Rossignol, mon talent fut méconnu, calomnié et proscrit. J'en ai eu pour vingt ans de chiourme et j'y serais encore si je n'avais pas exécuté le paraphe du commandant de l'arsenal pour me viser un permis de sortie. Maintenant, c'est fini, je me retire du commerce des paraphes. »
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Rossignol en était là qaaod le capitaine, sortant de b cdlnle de Laare, aperçut le groupe et alla Ters loi :
— Eh bien, mes gars, quiTons retient éTeillës si tard?
— Faites pas attention, capitaine; noos nous contons des histoires, répondit Boaton-de-Rose.
— Décidément, se dit Pierre, ea regagnant son réduit, c*est le jonr des histoires ; tout le monde s'en mêle.