‹ Pierre NozièreChapitre 49 sur 51 · RON · texte numérisé non relu

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étaient des géants. Le serviteur de Dieu courut jusqu'au rivage, dans l'espoir de s'embarquer pour fuir un si grand péril. Mais, ne trouvant point de bateau, il se tourna vers les mécréants, et, étendant les mains vers eux, il les changea en pierres. Aujourd'hui encore, on appelle ces pierres « les soldats de saint Cornély ».

Depuis qu'il n'est plus de géants idolâtres, saint Cornély s’adonne spécialement à la protection des bêtes à cornes.

Ce saint Cornély est très original, et je regrette bien de n'avoir pas consulté, à son sujet, ce bon chanoine Trévoux qui étudiait avec tant de candeur les saints de Bretagne : il men aurait conté des merveilles. Que ce saint Cornély ne soit autre que le pape saint Corneille, qui reçut l'anneau du pêcheur en l’an 251 et fut assailli dans la chaise de saint Pierre par de nombreuses tribulations, les hagiographes le disent, et je suis sûr que M. Trévoux le croyait. M. Trévoux croyait tout, et cette heureuse disposition se lisait sur son visage. C'était un homme de bonne volonté ; c’est pourquoi il eut la paix sur la terre. J ‘espère quil l'a présentement dans le ciel. Il est doux de croire que saint Cornély est précisément le pape Corneille ; mais il faut reconnaître qu'en Bretagne il est devenu très Breton. Il a pris l'esprit et les mœurs des paysans de Carnac, qui l'ont choisi pour leur patron et leur intercesseur auprès de Dieu. Il a oublié le farouche Novatien qui troubla si cruellement son pontificat. Je l’ai vu tantôt sur une des portes de son église paroissiale. Il y est sculpté et peint, dans ses habits pontificaux, entre

deux bœufs qui tournent vers lui leur mufle obéissant.

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