‹ Pierre OlivaintChapitre 120 sur 293 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

jusqu'à mon dernier soupir, me tenir bien près de son cœur! Je regrette bien qu'il ne t'ait pas encore été donné de suivre la pensée que Dieu t'a inspirée déjà, et d'aller, toi aussi, lui parler dans la solitude; mais il est partout, même au milieu des plus grands bruits du monde, même au palais de justice, où les harangues des avocats n'empêchent pas toujours de l'entendre. Ne fais pas la sourde oreille. Peut-être se servira-t-il pour te convaincre de la voix de celle qu'il va le donner pour épouse et dont il met la foi sous ta garde; je suis bien sûr que tu *n'endurciras pas ton cœur. Oh! je prie bien pour ton mariage, cher ami. Il n'y a pas de jour que je ne pense à toi devant Dieu. .Te m'unirai, sois-en sûr, le 11 de ce mois, à la Messe où vous recevrez la bénédiction nuptiale; puisse -t-elle descendre tout entière dans ton cœur ; mais pour cela il faut lui faire place, il faut que ton cœur soit bien purifié. Confesse-toi donc, cher ami, bien simplement, avec une contrition bien vive. Dieu est un bon père : Nemo tam Pater! Si tu savais comme je l'ai senti pendant ma bienheureuse retraite! Tu me demandes une prière, mon bien cher ami. Oh! donne tout ton cœur à Dieu, metstoi sous sa protection, invoque aussi Marie, notre bonne Mère, jette les yeux sur Jésus, notre bienaimé Sauveur, et dis-lui que tu aimes la vérité, que tu le supplies à genoux de t'éclairer, de te donner la force; promets-lui de chercher dans une union sainte son service et sa gloire, non la vanité du monde et ses plaisirs; promets-lui de mettre tes enfants sous ea gardo et de les élever dans son amour, et je te

l'assure, ta prière sera agréable au Seigneur. Dis avant la Messe les prières de l'Église pour la bénédiction nuptiale; lu y verras ce que c'est que le mariage chrétien. Récite le Pater en le méditant, en t' arrêtant à chaque parole. Si tu veux encore une de mes prières de prédilection qui, j'en suis sûr, m'a valu bien des grâces, dis au bon Dieu de toute ton âme :

« Prenez, Seigneur, et recevez toute ma liberté, « ma mémoire, mon intelligence, ma volonté entière, « tout ce que j'ai et possède : vous m'avez donné tout « cela; à vous, Seigneur, je le restitue; tout est vôtre; « disposez-en au gré de voire volonté. Donnez-moi i< votre amour et votre grâce, elle me suffît *. »

c( Ou bien encore le Memorare qui a fait tant de miracles. En voilà plus qu'i In'en faut pour convertir le monde.

«Je n'ai que quelques instants; toi aussi, prie pour moi. Je te recommande ma pauvre mère. Je te mets un mot pour elle. Envoie-lui ma lettre tout de suite.

« 11 me vient une pensée, mon cher ami, c'est que tu devrais bien examiner de nouveau la question des associations religieuses, non pas seulement dans la lettre de nos lois, si souvent empreinte des passions d'un temps ou d'un autre; mais dans ton cœur, dans le texte de l'éternelle justice, et après, si tu veux, dans le Gode; tu seras mieux préparé à juger. La

1. Sume, Domine, et suscipc omncm meam libertafem^ meam memoriam, meum mtellectum et omnem voluntatem meam, quidquid habeo et possideo : tu milii Iixc omnia dedisti ; tibî, Domine^ ea restitua; omnia tua sunt,dispone pro omni voîantate tua. Da mihx tuum amorem et gratiam ; nam hxc mihi sufficit.

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