CHAPITRE X
mais il est, en outre, des réflexions, des résolutions (l'un caractère tout personnel et où se laisse pressentir le P. Olivaint de Vaugirard ou de la rue de Sèvres.
Telles sont les pensées suivantes, si nettement et si vivement formulées:
« Se vaincre soi-même, et pas un autre.... Quel est le tyran, le Goliath? Le corps? Le cœur? La volonté? L'esprit?... Courage et confiance ! il faut remporter la victoire. .. Combattre, c'est l'affaire de toute la vie. »
« Le religieux, en vue de la vie éternelle, choisissant le moyen le plus sûr et le plus court, ressemble au voyageur en pays étranger qui prend un guide, ou qui va en voiture au lieu de cheminer à pied. «
« Tout pour nous est un talent que Dieu donne à faire valoir, la faiblesse et la force, la maladie et la santé, peu ou beaucoup d'esprit. Ainsi Jacob mourant distribuait à ses fils des bénédictions différentes : Juda est un lion ; Issachar, asinus fortis.... C'est son talent ! »
«Toutes les créatures aident l'homme à poursuivre sa fin : ainsi, directement, l'air que je respire; indirectement, le pain noir qui nourrit le boulanger quand il pétrit pour moi le pain blanc. »
« Je veux persévérer malgré les douleurs du corps, malgré le danger d'abréger ma vie dans la religion. Est-ce que l'on ne souffre pas aussi dans le mo nde? Est-ce que beaucoup dans le monde n'abrègent pas leurs jours pour le plaisir? L'univers s' éci-oulerait que je ne rrhe détournerais pas de ma fin ! »
A propos de la méditation du Règne de Notre--
Seigneur. «Soldats dcJésus-Christ, ayons celte gaieté et cette franchise qui sont les traits du caractère militaire. »
El ailleurs: « Consentons à être cachés, si telle est Ja volonté de Dieu qui peut, à notre insu, féconder celte obscurilé où nous nous plairons pour son amour, comme il féconda les déserts de l'Egypte en mémoire de la vie obscure qu'y avait menée son Fils. »
Il se plaît il contempler « l'Enfant Jésus travaillant au ménage , comme l'enfant des pauvres », et il ajoute : «Rechercher les distinctions après être venus ici nous ensevelir dans le tombeau de la religion, ce serait une véritable apostasie. »
« Dieu mêle une ineffable douceur aux croix qu'il nous accorde comme des grâces. »
Au souvenir, pour lui si touchant, des adieux de Jésus à sa Mère : « Pouvait-il, se dit le Frère Olivaint, pouvait-il y avoir un altachement plus légitime et plus cher, une douleur plus capable de retenir Jésus? Il laissait Marie veuve et sans autre fonds que la Providence.... Mais telle est la volonté de Dieu. 11 dit à Marie, comme autrefois dans le temple : In his quœ Patris mei sunt oportet one esse.... » Et nous! Dieu nous tiendra lieu et de père et de mère.... »
Méditant le miracle de la tempête apaisée : « Mon cœur est comme une mer qui n'a pas, ainsi que l'autre, de limites naturelles à ses flots ; mais il y a une digue que les flots les plus furieux ne peuvent franchir, une volonté forte unie à la prière ; c'est là le non ultra ; un regard de Dieu, un rayon de sa grâce, calme bientôt la tempête. »