‹ Pierre OlivaintChapitre 128 sur 293 · Isaïe, LXiii · texte numérisé non relu

Isaïe, LXiii

des Exercices spirituels de saint Ignace. Bientôt il devint assez expérimenté et assez habile pour que le P. de Lehen l'employât à donner, même aux prêtres, les méditations des retraites.

Son zèle ne se contenait pas dans la pieuse solitude de Vannes, il s'élançait au delà et continuait à prêcher les amis restés en arrière au milieu du monde. Nous n'osons retrancher une seule phrase de la lettre suivante. Il nous semble que chaque parole qu'elle contient est encore assez puissante pour déterminer les âmes hésitantes et pour confirmer dans le bien les plus courageuses.

« Bien cher ami,

« C'est toujours avec le même mouvement du cœur que je t'écris, et je regrette bien de ne t'avoir pas répondu plus tôt. Cependant je t'ai déjà répondu, mais d'une autre manière, en priant bien le bon Dieu pour toi avec un redoublement de ferveur, et aussi pour Mme N..., qui a le soin charitable et pieux d'aller porter des consolations à ma pauvre mère,

« Je me suis bien réjoui, mon cher ami, de la nouvelle de ton bonheur. J'avais bien compris d'avance que tes vœux seraient comblés. Dieu te récompense, j'en suis sûr, d'avoir cherché une femme chrétienne, et son premier bienfait dans le choix qu'il a dicté plus que toi-même, annonce assez le second bienfait ; Dieu te récompensera, mon bon ami, en te rendant tout à fait chrétien. Tu l'es déjà de cœur; encore une grâce d'en haut; encore un effort de ta part, et tu n'auras plus à déplorer ce vide de ton cœur trop

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