‹ Pierre OlivaintChapitre 132 sur 293 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ces, à quels abaissemcnls, à quelles souffrances, n'aurais-tu pas consenti pour sauver ton enfant! Ne félonne donc plus que Dieu se soit fait homme, qu'il ait voulu s'abaisser et souffrir pour nous sauver et nous prouver son amour. Si quis amat, intelligit. Oh! oui, tu aimes, tu comprends. Crois donc, élève jusqu'à Dieu ton amour; il redescendra sur ton petit enfant plus tendre encore et plus pur, comme une bénédiction fécondée par la grâce. Il a déjà sept mois, le cher petit; bientôt il va parler. Que ce soit une joie pour toi de l'entendre dire avant le tien le nom du Père qui est au ciel. Quelle douce occupation, si tu te mettais, toi aussi, à lui apprendre ses petites prières! Connais-tu rien de plus touchant qu'un petit enfant qui prie le bon Dieu? Si je n'étais pas maintenant, par un insigne bienfait de Dieu, aussi pauvre qu'un rat d'église, je voudrais donner à ton cher fils une médaille delà sainte Vierge. Fais-lui ce cadeau pour moi, cher ami, cl suspends à son cou cette image protectrice de Marie Immaculée; puis quelquefois, quand, prenant ton marmot entre tes bras, tu verras la figure de notre bonne Mère, dis en toi-même la courte prière qui en fait l'exergue : 0 Marie^ conçue sans péché ^ priez pour nous qui avons recours à vous! Crois-le, cher ami, cette invocation sera puissante pour t'obtenir enfin le don comple de la foi et changer en une paix inaltérable les amertumes de ton cœur. Comment ! Dieu ne se serait pas réservé le droit d'éclairer une âme sans qu'elle ait besoin de pâlir pendant de longues années sur de gros livres ? Die i n'aurait pas eu pitié par avance de

ceux qui, comme toi, ne peuvent se livrera une étude sérieuse de la vérité? Il ne leur aurait pas préparé un moyen plus court et plus facile de s'unir à elle, c'est-à-dire à Lui-même? Il aurait consenti à n'entrer jamais dans notre pauvre intelligence avec toutes ses splendeurs qu'après avoir en quelque sorte subi toutes les avanies d'une douane soupçonneuse? (Tu vois que je suis sur la frontière belge.) En vérité, ce serait là un mystère plus incompréhensible que tous nos mystères. Non, non ; Dieu se plaît souvent à visiter sa créature, il entre sans avertir comme un maître dans sa maison, et l'âme reconnaît que c'est son souverain bien qu'elle possède, à la joie dont elle est remplie, à la clarté qui l'illumine, à Tardeur avec laquelle elle se sent portée à ses devoirs et à la vertu. Prie, nîon bon ami, prie sans te lasser, prie par l'intercession de la sainte Vierge, prie par les lèvres de ton enfant et de sa mère. Sais-tu qu'il faut te dépêcher de dissiper tous tes doutes, si tu veux être prêt pour aider le bon Dieu dans l'éducation de ton enfant?

cf Ah! dis-moi, quand tu as vu que la maladie de ton cher petit n'irait pas à la mort, et qu'il était en quelque sorte rendu à ton amour, n'as-tu pas cru en remerciant Dieu ! Qu'il nous serait facile de croire, si nous nous perdions de vue davantage!

« Je joins à cette lettre une lettre pour ma mère. Si tu trouvais moyen de la lui porter toi-même, tu lui ferais bien plaisir et je te serais bien reconnaissant. Embrasse pour moi ton petit enfant.

« Tu apprendras sans doute avec peine que le

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