‹ Pierre OlivaintChapitre 133 sur 293 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

pauvre P. Hcrnslieim est bien malade et peut-être mort maintenant. »

On voit par le dernier mol de cette lettre et par la précédente quel afléctueux intérêt le Frère Olivaint continuait à portera son vieil ami de l'École normale, à son remplaçant dans la milice dominicaine, au pieux et aimable Père Pierre Her sheim. Les rapports intimes qui liaient ces deux âmes également généreuses allaient être rompus par la mort, ou plutôt la mort allait imprimer à leur amitié sainte le sceau de l'immortalité.

A la nouvelle du départ de Pierre Olivaint et de Charles Verdière pour le noviciat, le Père Hcrnslieim avait adressé à ce dernier la lettre qu'on va lire* :

« Il faut que je t'écrive une fois encore avant ton départ pour Rome. Tu as pris une grande résolution : le bon Dieu te conduira. Il te récompensera de ton exil volontaire et tu retrouveras au centuple tout ce que tu auras quitté. Chose singulière, au moment où notre exil finit, le vôtre commence^; au moment où vous, qui êtes mes anciens, vous disparaissez dans la solitude, moi je commence à porter aux fidèles la parole de Dieu. Les desseins de Dieu sont impénétrables, mais j'avoue que j'éprouve quelque confusion et quelque honte par ce retour sur le passé et cette comparaison de vous à moi... Cependant Dieu a bien fait ce qu'il a fait. Je n'aurais pas,

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