‹ Pierre OlivaintChapitre 134 sur 293 · Le 26 juillet · texte numérisé non relu

Le 26 juillet

2. Le P. rierre Ilernsheim, revenu d'Italie en Fronce, habitait le couvent récemment fondé par le P Lar^rdaire à Nancy.

comme Olivaint et toi, supporté le séjour du monde sans danger pour mon salut ; Dieu m'a saisi vigoureusement et malgré moi, pour me transporter dans la solitude. Pour vous, il vous a laissés faire du bien, parce que ce bien n'avait pas pour votre âme les mêmes périls. Mais moi, pauvre enfant échappé au double piège de l'infidélité, de l'incrédulité, ignorant tous les sentiments chrétiens, pour moi, malheureux, à qui on n'avait pas parlé de Dieu pendant toute mon enfance, accoutumé à mépriser, à insulter la Foi, il fallait bien que Dieu me frappât tout à coup, qu'il m'arrachât violemment à tant de mauvaises habitudes de pensées et d'actions, pour me transporter dans son séjour de prédilection, et me vaincre par la nécessité subite de devenir meilleur. Oh ! que de bonté, que d'amour de la part de Dieu ! que d'ingratitude de la mienne! Je l'avoue, j'en suis quelquefois effrayé; il semble que ce soit une lutte entre Dieu et moi! Oh! mon bien cher ami, quand tu seras à Rome, ne manque pas de visiter notre couvent de Sainte-Sabine, où nous avons habité une année, et là fais-toi un instant enfant de saint Dominique par la ferveur de ta prière pour les fils nouveaux de ce Saint et pour moi en particulier. Je ne te dis rien de plus sur Rome; tu ne goûteras pas tout de suite tout ce qu'il y a de charme et de grandeur en cette ville, il faut du temps pour que les yeux voient et que le cœur sente tout ce qu'il y a à voir et à sentir sous ce ciel, au milieu de ces ruines, en ce rendez-vous de la vie et de la mort, où la vie pourtant triomphe avec Jésus-Christ, comme

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