CHAPITRE X
pour y voir le Père Hcrnsliein), ne me doutcint pas que je le trouverais malade et mourant. On me lit monter près du lit où il gisait, vêtu de sa grande robe blanche, la barbe longue et une croix blanche près de lui. Il s'éteignait lentement; il voulut encore me parler du Ciel ouvert pour lui, et y donner rendez-vous à Olivaint, à Pitard, à moi, à tous ses chers camarades d'École, n'oubliant pas ceux dont Dieu attendait encore la conversion : l'un de ceux-là pleurait, au pied du lit, avec nous. >>
Le Père Hernsheim mourut doucement, au chant du Salve, Begina^ . Ainsi, des deux amis qui s'étaient donnés au P. Lacordaire à la place d'Olivaint, l'un, Hippolyte Réquédat, avait porté quelques mois seulement la robe blanche ^ et l'autre, Pierre Hernsheim, après peu d'années, disparaissait à son tour!
Le novice deBrugelette eut, vers le même temps, à faire le grand sacrifice qui, pour le religieux, est une bienheureuse mort. Quandvint le second anniversaire du 3 mai, il prononça les vœux qui le séparaient du monde et l'unissaient plus que jamais a Dieu
En embrassant le crucifix qui devenait son unique trésor, c'était la pauvreté, la chasteté, l'obéissance, qu'il embrassait avec amour, c'étaient les mépris du monde, et la persécution promise à tous ceux qui veulent vivre pieusement au service du Seigneur Jésus'; c'étaient les rudes labeurs de l'apostolat et en-