Septembre 18jO
lastiques, et pour les édifier, il leur racontait avec simplicité les premières consolations de son apostolat auprès des pauvres; il leur disait sa joie de se retrouver prêtre dans ce quartier Moufîetard qu'il avait évangélisé déjà, simple laïque, et de pouvoir donner l'aumône spirituelle de la parole évangélique et des sacrements à ses chères familles d'autrefois....
« Un jour, raconte un bon Frère sacristain, la sœur Rosalie se dit que, si ses filles pouvaient entendre la messe à cinq heures, chacune d'elles gagnerait par jour au moins une heure au bénéfice des pauvres. Or, c'était l'hiver ; il s'agissait d'aller dire la messe chez les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, au faubourg Saint-Marceau; car il était imprudent de les laisser parcourir les rues dès quatre heures et demie du malin par les plus mauvais temps. On vint réclamer le secours d'un prêtre. Dès que le P. Oiivaint eut connaissance de ce désir de la sœur Rosalie, il s'offrit luimême pour ce qui était humainement une corvée pénible, mais un gain considérable aux yeux de la foi. J'ailais souvent avec lui, ajoute le même Frère, pour servir la messe. Un matin, il dit à son compagnon de roule : « Quel profit nous faisons, cher Frère I Quinze ou vingt heures de bonnes œuvres de plus par jour, accomplies par les Filles de la Charité dans ce quartier!.... Mais c'est immense!... » Peutêtre, ajoutait le narrateur, ne sont-ce là que des faits dignes tout au plus d'être mis dans le traité des petites vertus; pour moi, je regardais cela comme magnifique. »
L'humilité du P. Oiivaint était d'allure aisée et