‹ Pierre OlivaintChapitre 148 sur 293 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

vait un indispensable besoin de repos. En jetant les yeux autour de lui, il Irouvaitdcs collaborateurs intelligents et dévoués, mais dont lui-même étaitle centre et que son départ laisserait sans cohésion ni lien. Il jugea donc nécessaire, pour assurer l'existence et la prospérité de son œuvre, de la confier à une congrégation religieuse.

La loi de 1850, rendue en conséquence de rarticlo 9 delà Constitution de 1848, avait supprmié le monopole et étendu le bienfait de la liberlé d'enseignement à tous les citoyens français, môme « aux membres des congrégations non autorisées par l'État. ^^ Bien plus, mise en demeure de se prononcer explicitement sur la Compagnie de Jésus, l'Assemblée législative avait eu l'impartialité de l'admettre au bénéfice du droit commun, sur les éloquentes représentations de M. Thiers lui-même.

Il s'agissait de mettre aussitôt à profit tout ce que la loi nouvelle accordait de liberté. Les évoques de France rivalisaient de dévouement et de zèle; des chrétiens généreux suivaient leur exemple, et de toutes parts s'ouvraient de nouveaux établissements d'éducation dont plusieurs sont encore aujourd'hui prospères.;

La Compagnie de Jésus contribua pour sa part h ce travail de restauration. Dès 1850, elle reprenait, au collège de la Providence (Amiens), les traditions de Saint-Acheul. L'ancien recteur de Brugelette, le R. P. Pillon, rétablissait le collège de Vannes après une interruption de quatre-vingt-neuf ans. La religieuse cité d'Avignon voyait naître le sien dès le mois de janvier 1850; puis s'étaient successivement ouverts

es collèges de la Sauve (Bordeaux), de Dole, de Metz. Cependant, il semblait que le plus important restât encore à faire, tant que l'enseignement libre n'aurait pas conquis sa place à Paris.

Le vieux collège de Clermont, auquel Louis le Grand avait octroyé son nom, était devenu, après bien des vicissitudes, un lycée de l'État. îl s'agissait, chose humainement impossible, d'ouvrir en pleine capitale, sans autre protection que celle du Ciel, une nouvelle école qui ne fût pas indigne de son aînée.

L'ère de la liberté d'enseignement ne comptait que deux années, lorsque M, l'abbé Poiloup conçut devant Dieu le projet de céder ;'i la Compagnie de Jésus son collège de Vaugirard. Colle offre, qui n'avait pas été sollicitée, fut, après une mûre délibération, favorablement accueillie. Mais à peine la nouvelle fut-elle connue, qu'une émotion bien naturelle se fit sentir parmi les anciens professeurs. « Une pénible séparation eut lieu, dit l'auteur de la notice déjà citée*, entre MM. Poiloup et Georget d'une part, et les professeurs de l'ancien Vaugirard d'autre part. Nous trouvons des deux côtés les motifs les plus purs, des intentions non-seulement droites, mais toutes surnaturelles. » Seulement le point de vue était diffèrent. M. l'abbé Lévesque, suivi de presque tout le personnel de la maison, alla fonder un nouvel établissement à Auteuil. « Et il y eut ainsi, disait plus tard le P. Olivaint dans une circonstance mémorable, deux coups de providence. Ce fut un

J. Notice sur M. Georgd, p. 10.

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