CHAPITRE XI
amas inutile de faits, de dates et de détails secondaires, qui fatigueraitleur espritetnuirait non-seulemenl à leurs autres éludes, mais encore h celle de l'histoire. Mais heureusement on a moins depeine à éviter l'érudition qu'à l'acquérir ou à la donner aux autres.
« D'ailleurs, bien des raisons détourneraient chez nous un professeur de cette voie. Il ne s'agit pas pour lui de préparer des combattants au concours général, de rechercher la science pour la science ci de satisfaire une curiosité vaine. Il doit plutôt mettre son enseignement à la portée de tous, le mesurer au Icmps qui lui est accordé, l'adapter à la position sociale de ses enfants qui, peu capables en général de soutenir un travail aride et opiniâtre, lui demandent bien plutôt des connaissances choisies et sûres qu'une érudition vaste et profonde.
« Il faut donc qu'il s'attache uniquement aux choses vraiment importantes ; qu'il ne développe pas également les histoires de tous les pays et toutes les parties de ces histoires; qu'il se regarde comme obligé de remplir son programme annuel. Il serait bon aussi qu'il mît un précis entre les mains des élèves, mais un précis très-court. Cet abrégé aiderait la mémoire des cnfanis qui se rebuteraient bientôt, s'ils n'avaient d'autre secours que des notes incomplètes prises en classe. Mais il ne saurait remplacer les leçons orales ; il n'en serait que le texte. 11 en seraitencore la préparation, si le professeur avait soin, ce qui ne serait pas sans avantage, de faire apprendre chaque fois d'avance aux enfants, dans leur précis, la partie qu'il doit traiter.
«L'enseignement de l'histoire est en quelque sorte essentiellement oral : il est nécessaire que le professeur parle; la parole grave bien mieux les choses dans l'esprit et dans le cœur. Mais il est nécessaire aussi qu'il fasse parler ses élèves, qu'il les fasse parler le plus possible, qu'il ne parle pas trop longtemps lui-même sans les interroger, qu'il divise plutôt son exposition en deux parties pour redemander immédiatement chacune d'elles et les redemander encore à la classe suivante. Ces répétitions fréquentes serviraient plus aux élèves pour apprendre l'histoire que s'ils avaient à écrire. «
Dans ce qui précède, le P. Olivaint n'a guère encore exposé que l'ordonnance, pour ainsi dire, matérielle ducours; cequi importe bien davantage, c'est Ves^orit qui doit tout animer.
«Venons maintenant, dit-il, au plus grave abus de l'histoire rationaliste, à l'abus où l'influence du temps se fait le plus sentir, à cette incertitude, ou plutôt à cette confusion, à cette corruption des doctrines qui exerce, dans le cœur et l'esprit des enfants, de si tristes ravages. Il est évidemment impossible qu'un tel vice pénètre dans un collège de la Compagnie. Le professeur n'y tomberait pas même dans un autre défaut qui tient au premier et qui y mène, dans cette manie si commune aujourd'hui des grandes considérations, même à propos des plus petits faits, par où la philosophie envahit l'histoire et lui enlève souvent sa vérité et son caractère.
Toutefois on pourrait indiquer ici quelques règles qui aideraient le professeur h se garder lui-