‹ Pierre OlivaintChapitre 155 sur 293 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

môme, à profiter des fautes des autres aussi bien que de leurs succès, adonner à son cours l'esprit qui doit aujourd'hui, dans l'histoire, distinguer renseignement catholique.

« Premièrement, un professeur chrétien recherchera sans doute, dans chaque leçon d'histoire, l'occasion de s'élever à une leçon plus haute, au nom de la morale et de la foi; mais, dans cette pensée qui demande tant de tact et de mesure, un choix intelligent des faits, une certaine manière de mettre en scène les hommes et les choses, réussissent beaucoup mieux que la discussion, surtout si on s'adresse à des enfants. Il serait donc nécessaire, dans les classes qui précèdent la rhétorique, et môme en rhétorique, que le professeur s'interdît autant que possible tout ce qui sentirait le langage philosophique, mais que, guidé par la saine et pure doctrine dans la préparation et l'ordonnance de son cours, il racontât les événements et peignît les personnages de telle sorte que les principes revêtus, pour ainsi dire, de formes sensibles, se gravassent comme d'eux-mêmes dans l'esprit et dans le cœur des enfants qui recevraient ainsi déjà, sans même s'en douter, la vraie philosophie de l'histoire.

« Secondement, il y aurait aussi à tirer un bon parti, pour le triomphe plus éclatant de l'Unité, de la confusion même et de la contradiction qui règne ailleurs. Tout pour nous, dans l'enseignement de l'histoire, se rattache par quelque endroit au christianisme, à ce pôle divin, comme on l'a justement appelé, sans lequel l'histoire n'est plus qu'un affreux

chaos d'intérêts et d'idées où l'esprit reste à jamais perdu. C'est la Chute et la Réparation, c'est le Sauveur, son Église et les bienfaits de son action dans le monde, que nous voulons partout prouver et défendre. Mais que d'aveux ne pouvons-nous pas emprunter aux païens, aux hérétiques de tous les temps, aux philosophes de toutes les couleurs ! A chaque pas dans l'histoire se vérifie la parole de l'Écriture : Mentita est iniquitas sibi. Quelle force l'authenticité des laits que nous devons établir n'acquerra~t-elle pas, quand elle s'appuiera sur le témoignage dotant d'apologistes involontaires ! Est-il rien de plus capable d'affermir la foi des enfants et de leur faire aimer l'Église et son influence? Animé de cet esprit, l'enseignement de l'histoire ne devient-il pas une sorte de catéchisme historique en grand et comme un cours permanent de conférences religieuses ? »

Cette pensée fondamentale se trouve exprimée en termes plus exprès encore dans la conclusion du ]\Iémoire que nous venons de résumer, « De môme, dit le P. Olivaint, de même que dans l'histoire du moyen âge et des temps modernes tout ce qu'on dit des autres États profite et vient aboutir à la France, de même aussi pour nous l'histoire de tous les temps et de tous les pays vient aboutir et profite à la Religion et à l'Église; ou plutôt c'est l'histoire de la Rehgion et de l'Église qui la domine et l'explique, en sorte que, si l'histoire de l'Église ne semble être nulle part, c'est qu'à vrai dire elle est partout et qu'en un sens il n'y a qu'elle. L'histoire, en effet, telle que les catholiques doivent la concevoir, serésume en deux mots :

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