‹ Pierre OlivaintChapitre 156 sur 293 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Préparationévangélique [iour les temps VLnciens\Dé'))ionS' Iralloji évanyéliquG pour les temps modernes: Jésus- Christ attendu, Jésus-Christ donné : tout en lui, tout par lui, tout pour lui. L'histoire du monde, dans un enseignement catholique, c'est ïhistoire de la vérité^ seloiî le mot, d'un célèbre apologiste de nos jours, ou mieux encore, comme le dit Bossuet quelque part, c'est l'histoire du règne de la vérité. »

Certes, voilà pourl'historien un point de vue d'une hauteur incomparable, accessible néanmoins à l'intelligence de l'enfant, pour peu qu'il ait appris les éléments de la foi.

Ce que le P. Olivaint conseillait aux autres, nous avons en main des preuves nombreuses qu'il avait commencé par le pratiquer lui-même. Sans analyser au long les précieux manuscrits qu'il nous a laissés, du moins n'est-il pas sans intérêt de saisir, pour ainsi dire, le professeur sur le fait, et de détacher une page de ce cours d'histoire dont il savait faire une démonstration évangélique.

Voici, par exemple, comment, pour inspirer à son jeune auditoire un peu de son enthousiasme, il trace à ses regards l'esquisse d'un immense tableau, digne du pinceau de Michel-Ange :

« Sur tous les points du monde, sur tous les rivages, disait-il un jour, ce sont des frères qui s'offrent à vous. Quelle étrange diversité de mœurs, de costumes, de langues et de destinées!...

« Ne vous intéressez-vous pas à l'histoire de votre famille? Ne tenez- vous pas i connaître ses aventures, ses malheurs et ses titres de gloire? L'humanité est

votre famille. Gomme un voyageur, elle s'avance à Iravers les âges, fondant cl détruisant les empires, qui ne semblent pour elle qu'une tente où elle s'arrête quelques jours. Partout elle s'agite, et la terre est fatiguée des révolutions qui signalent son passage; mais c'est Dieu qui la mène, et nulle part mieux que dans l'histoire on ne voit le doigt de la Providence. L'histoire ajoute en q uelquc sorte à no tre existence les siècles qui ne sont plus. Créature faible et née d'hier, l'homme est cependant si grand que son esprit aspire à embrasser, comme celui de Dieu, tous les lieux, tous les temps et tous les êtres. L'avenir, l'immortalité est devant lui comme une terre à conquérir; mais le passé est notre tributaire et c'est à lui que nous devons demander les moyens d'assurer notre victoire. Ne seriez-vous donc pas sensibles à ces belles leçons de l'histoire, à tant de nobles exemples? Les grands hommes des temps passés sont pour nous comme des ancêtres dont les âmes généreuses nous parlent et nous excitent à bien faire.... »

Arrêtons là ces citations : elles suflisent à nous révéler un des aspects les moins connus de cette belle intelligence, ouverte aux larges et profondes conceptions. Le P Olivaint, professeur d'histoire^ n'a eu, pour l'apprécier, que des enfants, que des écoliers qui naturellement ne comprirent pas toujours l'importance de ses leçons. Fjiut-il regretter que l'administration d'un collège, puis les travaux du saint ministère, l'aient contraint de descendre de sa chaire et d'abandoamer ces études historiques pour lesqucï-

Page 1