Journal des Relrailes, I. 58, 63, 91. 10a
i.76 PIERRE OLIVAINT.
ques. C'est dans le Journal de ses retraites ^ sorte de mémoires intmies écrits pour lui seul sous le regard de Dieu, que se trouvent consignés, année par année et presque jour par jour, les progrès persévérants de celte âme vaillante. Au milieu d'occupations accablantes et de continuels soucis, le recteur de Vaugirard ne se perdait pas un instant de vue et travaillait son âme, comme le laboureur son champ. On l'aurait dit exclusivement appliqué au soin de sa propre sanctification, tant il donnait une particulière attention à la prière, à la pénitence. Dès lors il avait coutume de traiter son corps en ennemi, et de lui infliger des flagellations sanglantes*. Son seul regret, sa plainte habituelle, c'était de n'avoir le temps de rien, d'être à tous moments distrait de son intime union avec Dieu. Cependant, quiconque avait à traiter avec lui remarquait sans peine qu'il vivait habituellement sous la dépendance de la grâce et ne cessait d'agir en esprit de foi.
De grand matin, il recevait son courrier, expédiait avec un entrain merveilleux sa correspondance, armé de cette grosse loupe dont il aidait ses mauvais yeux. La plume courait rapide sur le papier, tandis qu'on entrait, qu'on sortait et que les menues questions recevaient leur réponse. Le mot spirituel assaisonnait l'entretien paternel et familier. Mais s'agissait-il d'un
1. - Le vrai sol où la croix doit être plantée, c'est le cœur du supérieur, comme le cœur de Jésus. Là est son privilège, à lui d'être victime. S'il est pénétré de celte pensée, les peines qui lui viennent des autres ne lui suffiront pas, il se ilagellera lui-même. » {Journal des RelraitGS, I, 196 et suiv.)