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CHAPITRE XII

eniaiiL nialailc, de quelque autre allaire grave, le P. Olivaint se levait, écoutait attentivement, interrogeait avec sollicitude, rédéchissait devant Dieu quelques secondes; puis, sans hésitation, en termes nets et précis, donnait l'ordre ou le conseil. L'exécution parfois élait difficile. Il se retournait alors vivement vers le crucifix placé sur son prie-Dieu, et le montrant d'un geste rapide : « Yous ne savez comment faire? Voici Notre-Seigneur; dites-lui : A nous deux! «

C'était le grand moyen qu'il préférait à toules les industries humaines. De quel ton il vous répétait, en frappant légèrement du doigt son bureau : « Eh! ce n'est pas avec du naturel qu'on fait du surnaturel. >^

En toute circonstance, il ne songeait vraiment qu'A l'honneur de Dieu et au bien des âmes, et l'on a eu raison de dire ç{wq, jamais homme ne fut moins personnel.

Les affaires de chacun semblaient être ses propres affaires, tant il y prenait intérêt. Toujours prêt à vous tirer d'embarras, d'une générosité sans bornes, ne craignant pas de se compromettre pour autrui, il évitait néanmoins de substituer son action à celle de SCS inférieurs etdegêner leur initiative, sous prétexte de la seconder. Il conseillait, il approuvait, puis il vous disait en souriant : « Arrangez-vous, tirez-vousen; faites de votre mieux, je serai là ensuite. ^^

A la disposition de tous, il ne s'imposait donc n personne. Il y avait dans la direction qu'il imprimait quelque chose de cette délicatesse divine de la grâce qui sollicite doucement, sans forcer la porte du crcur.

278 PIERRE OLIVAIM.

Quant à lasser sa patience, on n'y parvenait pas. Revînt-on dix fois à la charge pour réclamer un avis, pour éclaircir un doute, pour chercher quelque consolation, on était sûr de n'être jamais rebuté.

C'était lui causer une^ grande joie que de s'ouvrir à lui avec une pleine franchise. Quelqu'un lui dit un jour : « Je vous avouerai, mon Père, que vous ne m'êtes guère sympathique. — Hélas! répondit affectueusement le P. Olivaint, je ne le vois que trop. Ce n'est cependant pas ma faute, car je vous aime beaucoup. »

Avait-il un avertissement tant soit peu sévère à donner, il en était plus triste que celui qui le recevait. Parfois les larmes lui en venaient aux yeux, raconte le témoin d'une pareille scène.

Le plus souvent il ne s'agissait que de prévenir quelques légères infractions à la règle. Quelle spirituelle façon d'adresser alors une aimable réprimande! Un jour, il rencontre dans l'escalier un jeune Père se hâtant trop vers la classe ou la cour de récréation, « Ah! dit en riant le P. Olivaint, comme vous allez vite..., fai cru que c'était moi. »

C'est que lui-même avait grand'peine à modérer son pas. Cette précipitation dans la marche n'avaitelle point pour excuse les pressantes occupations qui se disputaient ses heures? Il n'en jugeait pas ainsi et s'en faisait reproche, trouvant dans les moindres choses l'occasion de se vaincre. Une fois qu'il se croyait seul, ayant franchi d'un pas les trois marches d'un perron, il s'arrêta court, redescendit posément et remonla de même-

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