‹ Pierre OlivaintChapitre 164 sur 293 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

primer la philosophie et de lui substituer des éléments de lo^nque. Par bonheur, renseignement libre ne subit pas cette révolution funeste; Vaugirard, en particulier, continua de donner aux études ce couronnement nécessaire, et le P. Olivaint avait le droit de dire : « Nous prétendons contribuer pour notre part à relever dans l'enseignement cette philosophie aujourd'hui si déchue, si trahie par les philosophes. N'est-ce pas, en ellet, un devoir impérieux pour nous, d'affermir les intelligences do nos élèves, pour qu'en entrant dans le monde ils ne cèdent pas à tout système, à toute opinion, comme à tout vent? N'est-ce pas un devoir impérieux pour nous, d'imprimer en eux profondément ces principes qui plus que tout font un homme? Mais il faut aussi les armer d'une forte dialectique pour qu'ils sachent au besoin attaquer et se défendre. Sans nous inquiéter des clameurs poussées contre la scolastique par tous ceux qui la redoutent ou qui l'ignorent, nous ramènerons les esprits à cette rude gymnastique, où l'on trouve à la fois tant de vigueur et de souplesse pour déjouer l'erreur, briser d'un mot ses sophismes et ses phrases, et élever à la vérité un inexpugnable rempart. » Ces promesses ne furent pas vaines; les éludes, sous la vigoureuse impulsion du P. Recteur, devinrent très-florissantes à Vaugirard. Nous pourrions citer en preuve les témoignages désintéressés des hommes les plus éminents de l 'Univers.' té, non-seulement de M. Saint-Marc Girardin, si piein de sympathie pour le P. Olivaint, mais encore de MM. Egger, Patin, Wallon, etc., qui laissèrent rarement s'écouler

une session d'examens sans féliciter publiquement quelques-uns des élèves de Yaugirard présentés au baccalauréat. M. Saisset lui-même, l'année qui précéda sa mort, combla d'éloges un de ces jeunes candidats et voulut confier aux Pères son propre neveu. Enfin, le vieux doyen de la Faculté des lettres, M. J. Victor Leclerc, transmettait souvent ses félicitations à M. l'abbé Olivaint.

Et celui-ci, heureuxdes succès de ses chers enfants, disait alors d'un ton de bonne humeur : « Allons, voilà que notre marque est bien cotée en Sorbonne, et que notre étiquette se fait lire. On nous compte donc pour quelque chose là-bas ! » Toutefois, il était loin de se faire illusion, et comparant le petit nombre des collèges catholiques à celui des établissements où la foi des enfants courait de grands dangers, il s'écriait : « Hélas! que sommes-nous? une poignée en face d'une légion.... Mais travaillons, distinguonsnous : il y va de l'honneur de TÉglise »

L'ardent désir qu'il avait de promouvoir les études à Yaugirard lui fit maintenir dans sa rigueur le règlement sans exception pour personne. Il préférait rendre un enfanta sa famille, plutôt que de concéder, pour les congés, par exem.ple, des privilèges dont la discipline générale aurait eu à souffrir. Les parents, après quelques plaintes, comprirent qu'il s'agissait du bien de leurs enfants, et les jeunes écoliers eux-mêmes se façonnèrent peu à peu à cet austère régime du travail. Bientôt ils méritèrent pleinement l'éloge que leur adressait un jour le P. Olivaint : « Vous avez bravement pris votre parti, vous travaillez bien, et

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