CHAPITRE XII
dans Bossuet etFénelon, Corneille et Racine, autre chose que des auteurs de baccalauréat superficiellement connus par les sèches analyses d'un manuel.
Le baccalauréat, sans être négligé, n'était pas regardé comme la fln dernière des études. «Vous contenterez-vous du baccalauréat? disait le P. Olivaint à ses enfants. Votre ambition irait peu loin! Le baccalauréat est nécessaire, à la bonne heure; il ouvre la première porte des carrières; mais ce n'est nullement parce qu'on est bachelier qu'on est capable de les remplir. Il faut, mes enfants, le bon sens le dit, il faut des études sérieuses, il faut des idées, des principes, il faut cet ensemble de connaissances qui font, je ne dis pas un bachelier, mais un homme. Cela est nécessaire pour vous surtout, comprenez-le bien. Combien parmi vous, en entrant dans le monde, seront gratifiés sans examen d'un diplôme d'ignorance, uniquement parcequils sont catholiques, parce qu'ils ont été élevés par des prêtres ! Un roi philosophe, Frédéric II, disait: «Séparons la science de la piété ; faisons du ca- « tholicisme une espèce de hibou, et bientôt les peu- « pies n'en voudront plus. » C'est encore aujourd'hui le même mot d'ordre. Deviendrez-vous, par votre mollesse, complices de cette conspiration ourdie contre vous-mêmes? Enfants catholiques, vous avez bien mieux à faire que d'être seulement bacheliers; vous avez un noble démenti à donner : il faut que nos écoles surpassent les autres.
« Vous avez plus qu'un démenti à donner : vous avez un dépôt à défendre. Si vous sortez d'ici ignorants, vous êtes déjà vaincus. Il y a quelque temps,
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un jeune hoKime, laissé libre de ses actes, jouissant de sa fortune, disait : « Je me destine à l'état militaire : « on n'exige pas pour Saint-Gyr beaucoup de pbilo- « Sophie; mais la philosophie m'est nécessaire ;rétu- « dier est un sacrifice qui me coûte ; je le ferai pour- « tant: je le dois. » Que cela est beau! Mes enfants, dites de même. Étudiez sérieusement, non pas seulement pour passer le baccalauréat, mais pour avoir des principes, des idées; gardez les traditions de bonnes études et de travail en honneur dans cette maison, et cet esprit de surérogation, sensible même chez les plus jeunes d'entre vous. Ne soyez pas les complices de ceux qui voudraient nous affubler de ténèbres et faire du catholicisme un hibou, tandis qu'il est, au contraire, l'aigle sublime qui plane au plus haut des cieux. »
Six ou sept années de sérieuses études imposent à l'écolier de réels sacrifices dont on a tort d'exagérer à plaisir la rigueur, mais qui ne laissent pas d'exiger un sage tempérament. La mesure du travail ne saurait être la même pour les plus jeunes et pour les plus avancés, aujourd'hui surtout que l'enfant arrive souvent au collège délicat, lorsqu'il n'est pas débile; portant dans un corps frêle une âme inhabile à tout effort, accoutumé, dès les premières années, à des soins excessifs; parfois capricieux et volontaire, parce qu'il n'a pas appris à obéir et à se dompter.
Gomment transformer ces petits êtres, charmanls dans leur faiblesse, jusque-là peut-être aimés et admirés pour leurs défauts, comment les changer si bien, pour le corps et pour l'âme, qu'ils réalisent en