Malt., XII
au service de Jésus-Christ, pour n'encourager pas les heureux élus, quand une fois il s'était assuré que Dieu les voulait à lui. Tout ce que nous avons à dire sur ce sujet, nous le renfermons dans l'histoire des dernières années d'un jeune homme manifestement appelé à la vie religieuse, soutenu dans de rudes combats par le P. Olivaint et mort joyeusement, avec tous les signes de la prédestination.
Aussi bien, ne faisons-nous qu'obéir à l'une des dernières volontés de notre Père, en associant à son souvenir le souvenir du Frère André de Montalembert. Lui-même, dans le Journal de ses retraites^ s'est encouragé à bien mourir par l'exemple de son enfant*, et à la date du 23 juillet 1870, il écrivait à l'auteur d'une biographie d'André, encore inédite: « Pensez d'avance avec consolation au bien que fera votre notice. Le cher enfant prêchera ainsi après sa mort, n'ayant pu le faire de son vivant ; et qui sait toules les grâces attachées à cet apostolat posthume ? »
André était le fils aîné du comte Arthur de Montalembert, colonel du V régiment de chasseurs d'Afrique, mort en chrétien et en brave, le 11 novembre 1859. Il avait lu, dans le testament de. son père, ces belles paroles: «Je conjure mes fils de ne jamais oublier Dieu, ni les charges et les devoirs d'un homme d'honneur, ni les pratiques de la religion catholique, apostolique et romaine, la seule véritable. Dans ce siècle où les plus grands noms s'éteignent dans l'oisiveté et une corruption toute matérielle, je veux que
l. Journal des Retraites, II, 304.