‹ Pierre OlivaintChapitre 189 sur 293 · CHAPITRE XilL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XilL

obtenait la faveur de faire, pour la seconde fois, les Exercices spirituels de trente jours, et le motif qu'il alléguait, c*est qu'il en éprouvait un désir Irès-tenace et très-contraire aux goûts de la nature. « A celte école, ainsi qu'il le disait au P. de Tonlcvoy, son cœur grandit et mûrit. »

Au sortir de Saint-Aclieul, il revit, humble surveillant des plus petits enfants, ce cher collège où s'était fait entendre à son cœur l'appel de Dieu.... Et ce fut tout ;Nolre-Seigneursecontentadela bonne volonté du serviteur fidèle qui s'était voué à lui 2^onr le temps et pour le ciel. Le ciel était proche, le temps allait finir. Une maladie de poitrine se déclara tout à coup, qui ne put être conjurée ni par les plus habiles médecins, ni par les soins incomparables d'une mère, ni par le climat de Rome, trop rude encore à cette santé fragile, et vainement remplacé par la tiède température de Cannes.

Jésus se disposait à rappeler André de l'exil, à l'âge où Louis de Gonzague avait reçu la récompense. Quand cette disposition de la ]?rovidence parut manifeste, le P. Olivaint, dont la sollicitude avait partout suivi son enfant, écrivit à la mère d'André cette admirable lettre :

« Que la charité du P. de L... me louche*! que Notre-Seigneurest boa, d'avoir fait de tels cœurs et de les avoir placés près de votre enfant ! Mais le cœur de Jésus est bien plus tendre encore; et s'il plaisait à

1. Il s'agit de celui qui, à Rome et à Cannes, fut le guide, l'ami et l'ange gardien du Ficie Andié.

Jésus, après de si tristes alternatives, de placer votre André pour l'Éternité tout près de son cœur, vous dites vrai, vous ne pourriez pas lui en vouloir. Il ne vous en voudra pas, lui, de tâcher, comme mère, de retarder ce moment. Disputez -lui votre enfant par vos soins et par vos prières, et je veux le lui disputer avec vous. Mais si ce bon Maître est pressé d'assurer le bonheur éternel d'André, de lui enlever la croix si lourde qu'il porte, de lui donner déjà le repos de la patrie, ne fermez pas votre cœur à la consolation que vous oiï're Jésus. Voyez donc, en ce moment, ce que vous avez à craindre de pis c'est le ciel. — Non ; la mort.,.. — Mais la mort pour un religieux qui a pris, comme André, généreusement les choses, c'est le ciel !

« En vérité, je ne crois pas que nous soyons si près du terme; mais la lettre du P. de L... amène comme nécessairement ces pensées. Dans l'esprit d'abandon d'hier, soyez assez forte pour les porter. Le ciel, le ciel! vous ne pouvez d'ici voir Rome, mais d'ici vous pouvez regarder le ciel. Lancez donc vers le ciel vos prières, votre cœur, en demandant la grâce de conserver votre enfant; mais s'il vient à prendre son vol, comme si déjà vous vouliez être fidèle au rendez-vous divin, continuez de lancer vers le ciel vos prières, vos larmes, votre cœur, votre amour, votre espérance-

« Je vous bénis paternellement en N.-S. a Pierre Olivaint, S. J. »

Et le cher malade, que pensait-il de la mort? Il

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