CHAPITRE XV
il y réussit, l'Église infaillible, nous l'espérons, le déclarera un jour; en attendant, tous ceux qui l'ont vu à l'œuvre sont unanimes à dire que les suprêmes efforts de son apostolat furent comme autant de pas rapides vers le terme ardemment désiré, et dès lors peut-être entrevu, du martyre.
- Sa puissance sur les âmes s'exerça surtout par deux grands moyens, la parole et la direction *.
Du prédicateur, il semble d'abord qu'il y ait peu à dire. Rarement, en effet, le P. Olivaint monta dans les grandes chaires de la capitale; et quand il y parut, ce fut comme en passant. Nous avons sous les yeux, écrite de sa main, la longue liste des sermons qu'il a prêches, des retraites qu'il a données, des exhortations qu'il a faites. Sauf quelques stations, d'ailleurs fort remarquées, à Saint-Thomas d'Aquin, à Notre-Dame des Victoires..., et d'assez nombreuses prédications à Sainte-Clotilde, à Saint-Sulpice, à Saint-Augustin, à la Trinité, à Notre-Dame de Lorette, il ne s'agissait presque toujours que d'entretiens familiers à des groupes particuliers de fidèles ou à des communautés religieuses.
En revanche, il ne se passait guère de semaine que le P. Olivaint ne parlât trois fois, cinq fois et plus encore. Lui aussi, mais dans le meilleur sens du mot, il fut « le semeur de parole ', ainsi que les Athéniens disaient de saint Paul : Seminiverbius'^\ chaque jour, sortant du silence de sa prière, pour
1. Vir potens in opère et sermone coram Deo et omni populo. (Luc, XXIV, 19.)