‹ Pierre OlivaintChapitre 214 sur 293 · Act. Apost., ïvii · texte numérisé non relu

Act. Apost., ïvii

tôlier .jeter à pleines mains le bon grain dans les cœurs bien préparés*.

Comment caractériser cette parole si largement prodiguée à tous et en toute rencontre, à la fois facile et correcte, simple et distinguée, solide et chaleureuse, originale et pratique, proportionnée à chaque classe d'auditeurs, également goûtée des esprits les plus

divers?

Ce n'était point le sermon ciassique,dont nos grands prédicateurs du dix-septième siècle nous ont laissé d'admirables modèles, le sermon à l'ordonnance savante, parfois un peu compassée et un peu officielle. Était=ce donc l'homélie, ce commentaire dogmatique et moral du texte sacré, si cher aux Pères de l'Église, remis en honneur par quelques-uns de nos meilleurs orateurs modernes? C'était autre chose encore.

ce Prêcher, c'est causer », disait un jour le P. Olivaint. Et nous ne trouvons rien qui exprime mieux l'idée qu'il se faisait de la prédication et la manière dont il la pratiquait lui-même. Cela toutefois demande explication. Il causait ^ c'est-à-dire que sa parole, échappant aux généralités abstraites, particularisait une vérité sous forme sensible et vivante, en vue d'un auditoire déterminé. Plutôt méditée qu'apprise, elle n'était pas récitée et comme lue dans la mémoire, mais ellejaillissait du cœur, vive, abondante, spontanée, et si naturelle, que chacun devait se dire: Voilà qui me regarde, voilà qui s'adresse surtout à moi *.

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