‹ Pierre OlivaintChapitre 220 sur 293 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

sont remis.... Confiance^ votre foi vous a sauvée; Confiance^ c'est moi, n'ayez pas peur; Confiance^ j'ai vaincu le monde *. »

Le P. Olivaint, quand il transmettait ce mot d'ordre, n'était donc que l'écho de la voix du divin chef. Seulement, il avaitle don rare, en parlant de courage et de confiance, d'inspirer presque infailliblement l'un et l'autre.

Jamais il ne laissait personne se retirer du tribunal de la pénitence, sans tout résumer en ces deux mots : Courage et Confiance! Et peut-être ne trouverait-on pas une seule lettre du P. Olivaint qui ne fût marquée à ce signe.

« Soyez assurée, écrivait-il, que le bon Maître en qui je suis votre père, prend encore plus que moi part à tous vos chagrins. Confiance, mon enfant, confiance ! Le découragement n'est jamais un remède.

« Regardez le ciel en pensant à Jésus et vous serez ranimée. r>

11 disait encore:... « Pénétrez-vous, mon enfant, de plus en plus de cette pensée que Dieu ne peut vous abanaonnei , qu'il lient compte ae louies les difficultés qui vous entourent, qu'il veille sur vous avec la plus tendre sollicitude, qu'il n'imposera jamais à vos épaules un fardeau trop lourd, et qu'il sera toujours disposé aie porter avec vous. Courage, confiance ! ne craignez pas l'abandon de Dieu; ce serait faire injure

1. ConfidCj (Mi : remilluntur tibi peccata tua. (Matt., ix 2.) — Confîdc, fdia, fidcs tua te salvam fecit. (xMatt. ix, 22.) — Confidite : Ego sum, nolite timere. (Marc, vi. bO.) ~~ Confidite : Ego vici mury dum. (Joann., xvi, 33.)

au cœur de Notre-Seigneur. Pratiquez fidèlement r abandon à Dieu ; quelle différence entre ces deux mots! »

C'est sur cette mesure qu'il voulait qu'on appréciât ses progrès ou ses défaillances : « Quand une journée sera moins bonne pour vous ou pour ceux qui vous entourent, examinez bien et vous verrez que vous avez manqué en quelque chose de confiance et de courage. »

Ce qui le plus souvent trouble la confiance et abat le courage, c'est la prédominance de l'impression sur la raison et sur la foi. « Cette méchante maladie,» comme l'appelle le P. Oiivaint, est de nos jours si répandue, que les plus fermes esprits, les caractères les mieux trempés eux-mêmes ont grand 'peine à s'en préserver. De là cette guerre incessante que le directeur expérimenté faisait à Uimpressîonnabilité.

« Quel malheur, disait-il, de prendre les choses par l'impression, au lieu de les prendre par la raison et par la foi ! Voyez comme vous nuisez au progrès de votre âme, comme vous gâtez même les consolations que Jésus vous prépare, comme vous affligez ce bon maître, comme vous m'affligez moi-même qui vous suis si dévoué et qui voudrais vous faire tant de bien en Jésus ! »

Et une autre fois ; « Je vois avec peine que vous vous agitez encore beaucoup; mais aussi je vois avec consolation que vous comprenez mieux que jamais l'importance du calme et que vous prenez la résolution de vous calmer. A chaque jour suffit sa peine. Ne vous inquiétez donc pas de l'avenir. Dieu ne sera-

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