CHAPITRE XV
t-il pas là pour vous aider plus tard comme aujourd'hui ? A chaque jour suffit aussi sa grâce. »
Pour vaincre l'impressionnabilité, il voulait qu'on en connût et qu'on en combattît bien les causes. « Ne vous agitez pas ; ne jugez pas trop vite ; ne remettez pas en question ce qui est réglé ; ne vous préoccupez pas plus qu'il ne faut de ce que telle ou telle personne peut dire, et vous aurez une paix que rien ne déconcertera, et vous ferez des progrès qui seront la consolation de Jésus et la vôtre. »
Et, en effet, comme on garderait mieux la paix du cœur, si l'on savait réserver toute sa rigueur pour soi-même et traiter avec quelque indulgence les défauts d' autrui I
« Il est à chaque nature, observait le P. Olivaint, des défauts qui lui sont inhérents et ne sont point des péchés. Nous devons les supporter dans ceux qui nous entourent, comme nous supportons, avec peine, mais sans aigreur, leurs infirmités physiques. S'en irriter, serait un défaut plus grand que ces défauts mêmes; car ce serait un manque de charité, notoirement contraire à cette parole de saint Paul: « La charité supporte tout *. »
L'amour de l'ordre est louable, sans doute ; encore est-il qu'il ny faut point d'excès. « N'est-ce pas un désordre moral, disait-il, que de vouloir l'ordre matériel avec cet empressement, cette agitation, cet esprit critique qui ne tient pas compte des difficultés,