CHAPITRE XVÎ
plus de caractère ; et voilà de braves jeunes gens qui versent leur sang pour Dieu !
« Est-ce donc que je veux vous engager à vous faire jouaves? Ah! si quelques-uns se sentent appelés, si quelques-uns sont libres de répondre sans manquer à aucun devoir, il est temps encore. A tous les autres je dirai: Si vous ne pouvez être zouaves à Rome, soyez zouaves à Paris ; défendez l'Église, sinon par l'épée, du moins par la parole, par la plume, par l'exemple; à l'œuvre pour ce bon combat! Soyez la réserve, prête à courir aux armes, et comme la landwehr de Dieu ! »
C'est vers Rome qu'il voulait qu'on eût sans cesse les yeux tournés. « Attendue ad Petramundeexcisi estis\ disait-il à ceux qui l'interrogaieiit sur la définition de l'infaillibilité pontificale et s'en inquiétaient parce qu'ils ne la comprenaient pas. Affermissez -vous bien sur ce roc inébranlable; attachez-vous bien au Pape. C'est à ce signe qu'on reconnaît les vrais enfants de l'Église. C'est sur ce point que se concentrent toutes les discussions théologiques et même tous les débats politiques. C'est par là que commencent les défections. Beaucoup, hélas ! prennent le change; il est de nouveaux gallicans qui se prétendent plus clairvoyants que le Pape et les évêques : attendue ad Petram.... Soyez catholiques comme le Pape. »
Mais il ajoutait: « Ne soyez pas plus catholiques que lui, c'est-à-dire ni concession ni exagération. L'une et
1, Isaïe, Li, 1.
Tautre sont également funestes. L'exagération ne vaut jamais rien, qu'elle porte sur les principes euxmêmes, ou sur les applications pratiques, ou sur les procédés de polémique. Elle nuit à la vérité, elle la fausse; elle empêche ses adversaires de la reconnaître et de l'accepter ; elle justifie en partie les oppositions ou du moins leur fournit un prétexte ; elle porte à exagérer en sens contraire. Imitez Rome dans son esprit de modération, Rome inaccessible h toute concession coupable, comme à toute exagération. Ah ! sans doute, point de respect humain, point de lâcheté ; un saint enthousiasme pour la foi, une ardeur militante à la défendre; mais, d'autre part, pas de Don Quichotisme, pas de chauvinisme catholique : évitez la violence et gardez la vérité dans la charité. »
Tels étaient les sages conseils que le P. Olivaintne cessait de donner. Certes son caractère était trop fortement trempé, pour qu'il fût possible de le soupçonner un instant de timidité et de faiblesse; mais c'est précisément parce qu'il était vraiment fort, qu'il gardait, au milieu du trouble des esprits, la mesure, la sérénité et la pleine possession de lui-même.
Quand fut inauguré, en 1867, le grand mouvement catholique qui devait aboutir à la conquête de la liberté de l'enseignement supérieur, le P. Olivaint n'hésita pas, malgré les accablantes occupations de son ministère, à prêter son concours aux hommes généreux qui se dévouaient à cette utile et noble entreprise.
Il fut, dès l'origine, un des membres les plus actifs de la Société générale d'éducation et d'enseigne-