CHAPITRE XVII
de dire que c'est le religieux, par sa fidélité, qui sauve le citoyen ou plutôt qui se sauve lui-même. »
Au moment où la déclaration de guerre jetait tous les esprits dans l'agitation et l'inquiétude, le P. Olivaint sentit le besoin de se recueillir. Le l"août 1870, il se mit en retraite, pour se disposer à la passion qui était proche. Toutes ses méditations et tous ses efforts tendirent à bien établir en lui le règne du Saint- Esprit par la pureté du cœur; il prit pour dernier mot d'ordre : « Aimer ^ cest souffrir , ^^ et se déclara « prêt à mourir pour l'Église, le Souverain Pontife, la Compagnie.... »> Il sortit de la solitude pour apprendre nos désastres à Wissembourg, à Wœrth, à Forbach, et ce qui lui parut plus humiliant que toutes nos défaites, l'abandon de Rome! Ce fut pour lui l'annonce des plus grands malheurs, auxquels depuis longtemps il s'attendait. Dans les premiers jours de janvier 1870, il avait dit : « La persécution esta nos portes; elle sera terrible. » Et comme la personne à laquelle il adressait ces paroles semblait douter de l'imminence du péril, il reprit avec animation : (< Mon enfant, nous traverserons un bain de sangK »
« Le 11 août 1870, raconte M. le docteur H. G***, partant avec mon ambulance pour l'armée du Rhin, j'allai faire mes adieux au P. Olivaint, à la maison de la rue de Sèvres. En me reconduisant, il me prit la main et me dit : « Vous avez raison de porter secours à nos blessés; vous allez au-devant du danger