‹ Pierre OlivaintChapitre 240 sur 293 · Lettre de Mme la baronne Duchaussoy, du 21 août · texte numérisé non relu

Lettre de Mme la baronne Duchaussoy, du 21 août

et je VOUS approuve. Mais vous ne serez pas des plus exposés. La guerre a été follement engagée, nous sommes battus, et nous le serons encore. Profitant de l'impuissance du pouvoir, le parti radical, qui déjà s'agite, provoquera dans Paris un terrible bouleversement. On s'attaquera aux maisons religieuses, on commencera par les nôtres, on viendra ici même. On nous trouvera tous, chacun à son poste, moi comme les autres, bien entendu. Ce que nous deviendrons l'avenir vous l'apprendra. »

Peu de jours après, le P. Olivaint confiait au P. de Ponlevoy son jugement sur la situation : « Nous sommes tranquilles pour le moment. Mais la république rouge s'organise à côté de la tricolore. On voit sur les murs les avis de deux gouvernements, si l'on peut parler ainsi. Que la sociale l'emporte un instant, et nous savons d'avance notre sort. »

La prévision de cet avenir, loin de l'intimider, excitait son courage. « Que fera de nous la Révolution? écrivait-il^; confiance! courage! Nous sommes prêts à tout, et nous tâcherons de nous mettre au niveau des circonstances, ad major em Dei glorîamf »

Si, dans son patriotisme, il se faisait quelque illusion sur les chances de la lutte contre l'Allemagne, il n'en avait aucune au sujet des menées criminelles de la Révolution. « Gomme vous voyez tout en noir! disait-il dans une autre lettre^; je suis bien loin de juger comme vous. Non, non, tout n'est pas perdu.

1. Lettre du 11 septembre 1870 à Mme la marquise de Contades.

2. Lettre du même jour à Mme la marquise do Sainte-Marie d'Ai- ^neau.

Page 1