CHAPITRE XVII
prêts à tout dévouement et à une inconfusible confiance. »
Enfin, ce long siège s'acheva dans l'humiliation de la défaite. En jetant un regard en arrière, le P. Olivaint éprouvait, avant tout, un sentiment de reconnaissance. « Qu'il fait bon mettre toute sa confiance en Dieu ! écrivait-il ; nous avons été l'objet d'une providence toute particulière. Sans doute, nous avons eu notre part d'épreuves, cela était juste; mais en vérité, nous n'avons pas trop souffert. Trois de nos Pères ont été blessés sur les champs de bataille, mais légèrement. Les obus ont sifflé sur Vaugirard, la rue de Sèvres, la rue des Postes : c'était un assez vilain concert ; je ne sais pas pourquoi on vante la musique allemande; mais personne de nous n'a été atteint. Quelques murs ont été percés, un énorme éclat d'obus s'est arrêté dans la tribune de notre église, juste au-dessus du saint Sacrement; on eût dit qu'il n'était venu là que pour saluer le maître. Je dois avouer, pour toucher un autre point, que nous n'avons pas vécu certainement dans l'abondance ! Quelques-uns sont un peu plus maigres qu'auparavant; quelques autres, tombant de fatigue, sont en train de se refaire. Cependant, l'état sanitaire est en général assez bon. Donc, bénissons Dieu et préparons nous à le mieux servir, car il y aura bientôt beaucoup à faire : noble carrière pour ceux qui aiment le dévouement et vivent par le cœur * ! »
A un ancien élève de Vaugirard, impatient d'avoir