Lettre du 10 février
426 PIERRE OLTVAINT.
de ses nouvelles, il disait : « Non, mon bien cher enfant, je ne suis pas mort et je vous aime toujours. Et Vaugirard n'est pas mort non plus, malgré les obus qui pleuvaient dans toute la plaine. Un seul projectile a touché les murs; la petite chapelle de la nouvelle infirmerie a été saccagée. Dans He parc, les allées sont labourées, mais cette semence prussienne ne poussera pas. Les externes n'ont pas cessé de venir pendant le siège, excepté quand les obus s'opposaient à leur passage. Les internes rentrent maintenant; bientôt il n'y aura plus qu'un souvenir! Aux Moulineaux, les Prussiens étaient dans le bois et les Français dans la maison. Les Moulineaux ont échappé comme le reste. Voyez la protection de Dieu M »
Cette pensée de filiale confiance en Notre-Seigneur se mêle à tout ce qu'il écrit. « Rassurez-vous sur notre sort, mandait-il à une personne inquiète à son sujet^ ; la divine Providence nous a miraculeusement gardés au milieu des douloureuses péripéties de ces effroyables jours. Malgré les rouges et les Prussiens, malgré les privations et les obus, il n'est pas tombé un seul cheveu de notre tête, car le Seigneur ne l'a pas permis. De toutes les communautés de la rive gauche qui se trouvaient, comme nos trois maisons, dans le tir pendant le bombardement, et sur lesquelles, par conséquent, pleuvaient les obus, je n'ai entendu parler que d'une seule religieuse qui ait été