‹ Pierre OlivaintChapitre 248 sur 293 · CHAPITRE XVll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVll

frappée, encore assure-t-on que la bonne Sœur avait demandé à Dieu cette blessure comme une grâce. Les fatigues n'ont pas manqué; bon nombre d'entre nous, et moi tout le premier, sommes un peu comme des hommes épuisés qui ont besoin de se refaire; nous allons nous décarêmer en carême. Bientôt il n'y paraîtra plus. Ah! s'il pouvait en être ainsi de notre pauvre France! Si elle voulait, si elle savait comprendre la cause de ses malheurs! Si, désavouant son impiété sociale, elle revenait à Dieu pour rentrer dans sa vieille mission de nation catholique, armée du glaive, comme un chevalier, pour la défense de la sainte Église, ah! comme elle se relèverait.... Pauvre France ! comment espérer que le voile épais du mensonge tombe enfin? »

Et, dans une autre lettre*, résumant d'un mot ses impressions, il garderait, disait-il, de tous ces événements, « un souvenir mêlé de consolation et de tristesse : tristesse, en pensant à tant de victimes ; consolation, en pensant à tant d'âmes qui s'étaient rapprochées de Dieu. »

Il était loin cependant de croire que tout fût terminé; l'avenir lui apparaissait bieti sombre. « On dort ici comme aux bords de l'Océan, écrit-il quelques jours avant l'insurrection de la Commune % sachant bien que l'on peut être réveillé à chaque instant par la tempête; mais on dort... et le Seigneur garde et Marie étend les mains.... Confiance I »

Page 1