‹ Pierre OlivaintChapitre 253 sur 293 · CHAPITRE WII · texte numérisé non relu

CHAPITRE WII

décidée. Nous serons probaljlement arrêtés demain ou après-demain. Que voulez-vous? Il faut savoir rester à son poste. Qui sait si, dehors, nous ne regretterions pas le bien que peut-être nous pourrons faire dedans ? »

Le 4 avril, de grand matin, on vint lui annoncer que, durant la nuit, un bataillon de fédérés avait violemment envahi l'école Sainte-Geneviève et fait prisonniers huit Pères, quatre frères coadjuteurs et sept domestiques. Ces otages, dont trois, les PP. Léon Ducoudray, Anatole deBengy et Alexis Clerc, devaient glorieusement mourir, avaient tous été conduits au dépôt près la préfecture de police, vaste prison attenante au Palais de Justice où se trouvait déjà incarcéré M. le président Bonjean, et où, dans la même journée, furent amenés tour à tour Mgr Darboy, Mgr Surat, M. Deguerry, curé de la Madeleine, M. Moléon, curé de Saint-Séverin, M. Crozes, aumônier de la Roquette, l'abbé Allard, ancien missionnaire.

Il avait été décidé d'abord que le P. Olivaint laisserait la maison à la garde de deux Pères et se retirerait en lieu sûr. Mais, à ces tristes nouvelles, « un revirement soudain se fit dans sa disposition, » raconte le P. de Ponlcvoy*. Tel était son caractère. Tant que le danger n'était que probable, il consentait à s'y soustraire; maintenant qu'il est à la fois certain et très-prochain, il n'y consentira jamais; mille fois plutôt s'y précipiter lui-même que d'y abandonner

sementj-avait reçu un service important du P, Olivaint et ne se montra pas ingrat.

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