‹ Pierre OlivaintChapitre 257 sur 293 · CHAPITRE XVIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIl

Ce n'étaient là que des préliminaires. Le but principal, peut-être unique, de l'expédition était de visiter la caisse. Le citoyen Lagrange ne Teut pas plus tôt aperçue, en entrant dans la chambre du procureur, qu'il s'écria: « Ouvrez vite, où est la clef? » Le coffrefort ne s'ouvrait que d'après une combinaison de lettres dont le P. Olivaint ignorait le secret. « Quoi, vous êtes procureur, et vous ne savez pas ouvrir?» criaiton. « Je ne suis pas procureur, répondit le P. Olivaint; celui qui remplit cette charge est absent. » A partir de ce moment, le commissaire intrus eut une idée fixe: mettre la main sur le prétendu trésor, et pour cela faire comparaître le procureur devant lui. Par mesure de sûreté, il appose les scellés sur le coffre-fort et laisse quatre hommes en faction dans la chambre suspecte avec deux plantons à la porte. Tout en achevant de fouiller les moindres recoins de la maison, il répétait sans cesse au P. Olivaint: «11 y a là quelque chose; vous ne me ferez jamais croire le contraire. On ne peut donc pas avoir la clef? Et ce procureur, où est-il enfin? Nous voulons lui parler. — Je vous l'ai déjà dit, il n'habite pas cette maison. »

La colère des hommes de la Commune devint terrible ; frustrés dans leur attente, ils proféraient d'horribles menaces, tout prêts à se porter aux dernières extrémités. «LeP. Olivaintdut prier et réfléchir avant de prononcer un mot de réponse, qui pouvait et devait être un arrêt; car nul homme ne fut plus que lui maître de sa parole comme de sa pensée K »

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