Actes, p
11 se dit qu'il s'agissait de prévenir l'arrestation de plusieurs Frères coadjuteurs, d'empêcher peut-être un pillage, des sacrilèges. D'ailleurs, celui qu'il appelait au poste du péril était un homme prudent, courageux. Il n'hésita plus. « Monsieur, dit-il à Lagrange, on pourrait aller voir si le procureur est chez lui. — Oui, certes, répondit le soi-disant commissaire de police; c'est de lui que j'ai besoin. — Allez donc, mon Frère, » ajouta le Père supérieur, en s'adressant au sacristain qui se tenait près de lui. Et il murmura tout bas : « Sans cela, ils reviendront demain et ce sera à recommencer ; il vaut mieux en finir ce soir. » Lagrange cria : « Que quatre hommes accompagnent le citoyen ! »
Plus tard, le P. Olivaint, alors à la Roquette et à la veille de sa mort, vint à parler spontanément au P. Bazin de cette circonstance qu'on ne savait pas bien expliquer: «Mon Père, lui dit-il, il y a quelque chose qui a dû étonner dans ma conduite par rapport au P. Caubert. — C'est vrai, lui fut-il répondu ; je n'y ai rien compris. — Je vis bien, continua le P. Olivaint, que j'allais l'exposer à un danger, mais d'un autre côté, j'en sauvais peut-être d'autres et la maison avec eux ; puis je me dis : le P. Caubert est un saint; ce qui peut lui arriver de pire, c'est de mourir, et il en sera heureux*. »
1. Actes, p. 49. — Le P. Jean Caubert naquit à Paris le 20 juillet 1811. Après avoir parcouru toutes ses classes avec distinction au collège Louis-le-Grand, fait son droit et trois ans de stage, il exerça pendant sept ans l'office d'avocat au barreau de Paris. Admis dans la ompagnie de Jésus par le R. P. Rubillon, provincial, le 10 juillet 1845,