‹ Pierre OlivaintChapitre 263 sur 293 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Le soir du jeudi saint, une voiture cellulaire emportait à Mazas, avec Mgr Darboy et M. le président Bonjean, les PP. Ducoudray, Clerc et de Bengy. Les dix-sept autres prisonniers faits à l'École Sainte- Geneviève furent relâchés le 12 avril, sans trop savoir à quelle intervention ils devaient leur élargissement.

Seuls, le P. Olivaintet le P. Gaubert restèrent au Dépôt de la Préfecture de police, toujours au secret 'e plus rigoureux.

« A dater de cette heure, a dit le P. de Ponlevoy \ je crois en vérité écrire un épisode des catacombes. L'Église est bien toujours féconde en âmes généreuses; mais c'est l'épreuve surtout qui met à nu le fond des cœurs. »

Les deux captifs, séparés par les murs du cachot, n'en restaient pas moins en intime communauté de pensées et de sentiments : « Courage et confiance ! écritleP. Olivaint, le vendredi saint 7 avril; redisons encore et toujours: Que Notre-Seigneur est bon! » Et de son côté, le P. Gaubert: « La confiance en Dieu donne des forces, et Notre-Seigneur est le soutien de ceux qui espèrent en lui. »

Le jour de Pâques les trouve la paix dans le cœur et Valleluia sur les lèvres. Nous avons, à cette date, une longue et belle lettre du P. Olivaint.

« Je suis sûr d'aller au-devant de vos désirs en vous donnant de mes nouvelles. Avec un peu d'imagination, vous me croyez mort, ou du moins bien

Page 1