‹ Pierre OlivaintChapitre 264 sur 293 · Actes, p · texte numérisé non relu

Actes, p

malheureux. Détrompez-vous et rassurez ceux qui auraient la bonté de s'inquiéter à mon sujet. Vous allez trouver que j'ai un singulier caractère ; mais je ne suis vraiment pas mal ici. Je me suis mis en retraite en arrivant: de cette manière je vis bien plus dans le cœur du bon Dieu que dans ma pauvre cellule; je trompe ainsi et les lieux et les temps et les hommes et les événements ; je profite de tout et je suis très-content. J'ai déjà fait trois jours de retraite. Pourvu qu'on me donne le temps de finir!... Ah! qu'ai-je dit? Il faut rétracter bien vite cette parole-là; bien plutôt, je désire vivement, pour tous mes compagnons, que l'épreuve ne dure pas huit jours. Mais comment finira-t-elle? Où en sommes-nous? Que se passe-t-il? Que veut-on denous?De quoi sommes-nous accusés? Je ne sais rien de tout cela. Eh bien, à la Providence ! Pas un cheveu de ma tête ne tombera sans la permission du Maître, voilà ce que je sais bien; et s'il fait tomber le cheveu, et encore autre chose, ce sera pour mon plus grand bien. Mais je ne suis pas digne de souffrir pour lui ;au moins que je tâche par la retraite de m'en rendre digne...

« Maintenant quelques commissions : d'abord procurez-moi un promenoir en raccourci d'un kilomètre, que je puisse arpenter dans ma chambre, car nous n'avons pas encore pu mettre le pied dehors. Si vous trouvez aussi de l'air condensé, comme le lait à l'anglaise, par la même raison que nous restons enfermés, je vous serais bien obligé de l'envoi. Vous voilà bien dans l'embarras et bien dans la peine, j'en suis sûr, de voir votre dévouement arrêté par l'imprati-

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