CHAPITRE XVIII
cable. Consolez-vous : ces plaisanteries vous disent assez qu'au fond je n'ai besoin de rien.
ce Grande privation d'être ici pour Pâques. Mais patience ! N'en chantons pas moins de bon cœur Valleluia. Confiance ! confiance ! »
Le jour suivant, le confesseur de la foi écrit encore au P. Lefebvre : « Cher ami, aujourd'hui 10 avril, le sixième jour depuis notre arrestation : comme le temps passe ! Caubert me disait, quand j'ai pu le voir un instant en passant à l'écrou (c'est drôle, allez, de passer àl'écrou), que je n'aurais pas le temps de faire une retraite. Et me voici bientôt au terme, tout étonné d'avoir passé six jours ici. — J'ai mis ici même ma construction de lieu pour la contemplation du premier des deux étendards *. Il est si clair que nous sommes prisonniers de guerre. Combien cela durerat-il ? On voudrait bien avoir des nouvelles. Mais abandon à Dieu ! J'aime à me rappeler, puisque je ne puis le relire, le dix-septième chapitre du troisième livre de limitation, et il me fait du bien *.
« J'allais vous dire: rien de nouveau. Mais j'apprends une triste nouvelle, c'est que les PP. Ducoudray et Clerc sont partis pour Mazas. Voilà donc ce qui nous attend probablement. Va 'pour Mazas! Et après, puissions-nous n'avoir pas d'autre prison que
1. Allusion à la célèbre méditation des deux étendards dans les Exercices spirituels de saint Ignace (2« semaine, 4« jour). Le P.Olivaint veut dire qu'il se représente, flottant au-dessus de sa prison et de Paris rebelle, « l'étendard de Lucifer, l'ennemi capital de la nature Humaine. »