‹ Pierre OlivaintChapitre 266 sur 293 · Qu'il faut placer en Dieu toute sollicitude · texte numérisé non relu

Qu'il faut placer en Dieu toute sollicitude

le purgatoire ! Et après ? le ciel ! Quam mihi sordet telhcs, dum cœlmn aspicio * ? »

Des amis dévoués avaient organisé un petit service de ravitaillement et de correspondance qui fonctionna sans relâche jusqu'à la fin.

Trois fois par semaine, on apportait aux prisonniers quelques provisions que, grâce à la charitable complicité des gardiens, ils partageaient avec leurs compagnons de captivité. Mais leur âme, privée du pain eucharistique, souffrait d'une faim qu'il semblait humainement impossible d'apaiser. On avait bien tenté une démarche auprès de Raoul Rigault, pour obtenir aux prêtres détenus comme otages la liberté de célébrer la sainte messe. Le procureur de la Commune avait brutalement répondu: « Bah! ils ont bien autre chose à faire. »

La charité, loin d'être déconcertée par ce grossier refus, n'en devint que plus ingénieuse. On se ménagea une intelligence bien sûre au dedans de la prison, et l'on fit savoir au P. Olivaint et au P. Gaubert qu'ils allaient, comme autrefois les martyrs, recevoir dans leur prison la visite du Dieu caché. La divine hostie fut enveloppée par un prêtre dans un petit corporal, et renfermée dans une triple boîte ; une femme courageuse se dévoua au périlleux et saint message.

ce Le 13 avril, dit-elle, je fus chargée de porter la sainte Eucharistie aux RR. PP. Olivaint et Gaubert, détenus au Dépôt de la Préfecture de police.

1. Quel dégoût j'ai de la terre, quand j'aperçois le ciel! Parole que saint Ignace aimait à répéter.

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