‹ Pierre OlivaintChapitre 268 sur 293 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Au moment de monter dans la voilure qui allait le transporter d'un cachot dans un autre, le P. Olivaint reconnut M Bayle, vicaire général de Paris, un de ses compagnons de captivité, et se penchant vers lui, il prononça, pour la troisième foisj'immorlelle parole : Ibant gaudentes. ^Cest bien cela, ajoutait-il, de tribunal en tribunal.

Or, de son côté, le P. Ducoudray, sans concert préalable, avait donné à la troupe vaillante qui le suivait en prison cet héroïciue mut d'ordre. La même parole avait jailli des lèvres de ces deux hommes qui n'avaient qu'un môme cœur en Jésus- Christ.

Mazas est une maison d'arrêt cellulaire, où les plus rigoureuses mesures sont prises pourque le prisonnier reste absolument privé de toute communication avec le dehors et même avec ses compagnons de captivité. Les otages y furent traités plus mal que des malfaiteurs ; les prêtres, en particulier, eurent beaucoup à souffrir, surtout quand ils se trouvèrent à la merci du directeur Carreau, animé contre la religion d'une haine furieuse. Cet homme proférait les plus atroces menaces, et on le savait le confident de Ferré et de Raoul Rigault. « Si les troupes de Yersailles entrent dans Paris, répétait-il, la capitale sera incendiée, tous les prêtres que nous avons ici seront fusillés: Paris deviendra un monceau de ruines et de cadavres *. »

Le P. Olivaint restait calme et joyeux

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