M. Maxime du Camp, p
« Remerciez bien pour moi, écrivait-il le 17 avril, toutes les personnes qui s'intéressent à mon sort. Dites-leur bien que je ne me trouve pas du tout à plaindre ; santé assez bonne ; pas un moment d'ennui dans ma retraite que je continue jusqu'au cou; je suis au treizième jour, en pleine passion de Notre- Seigneur, qui se montre bien bon pour ceux qui essayent de souffrir quelque chose avec lui. De plus en plus soyons à Dieu. Je ne sais rien de mes compagnons. »
Le lendemain, il avait, à son insu, tout près de lui le P. Yves Bazin, arrêté avec un frère coadjuteur, au moment où il allait s^évader de Paris, et qu'on venait d'écrouer à Mazas. Celui-ci ne tarda pas à deviner, à un triste signe, la présence de son supérieur. « Une véritable peine pour moi, mandait-il de sa prison *, c'est d'entendre, presque toutes les nuits, les accès de toux déchirants d'un de mes amis que vous aimez comme moi. Il est très-loin de ma cellule, vers l'extrémité, je crois, de notre long corridor, et sa voix vient jusqu'à moi avec une force qui me fait craindre la rupture d'un vaisseau dans sa poitrine.... Cela fait vraiment mal, alors même que je ne reconnaîtrais pas parfaitement cette voix aimée. » Après cela, si l'on ne savait tout ce que le cœur du P. Olivaint renfermait d'énergie, on s'étonnerait vraiment de l'entendre dire :
« En somme, je vais vraiment bien de corps, et pour l'esprit, il me semble que je fais une retraite de bé-